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À qui profite l’insécurité ?

Temps de lecture : 3 minutes

Saviez-vous que les effets négatifs de l’insécurité de la Croix-des -Bossales atteignaient même les familles les plus éloignées de la capitale ?

Depuis bien des temps, ce sont les bandits qui font la loi en pillant et tuant avec des armes de grand calibre fabriquées à des fins de guerre. La terreur , les larmes et le taux de criminalité se voient augmenter sous les yeux des pauvres innocents de la PNH. En même temps ,les émissions d’analyse politique, leaders politiques ou encore celles des organisations des droits humains se basent sur le banditisme. Il faut surtout faire sensation ! À croire qu’on trouve le moyen de faire son beurre dans le fait qu’un problème populaire reste sans solution.

Le pays se noie mais cela n’empêchera pas que les autorités circulent en voitures de luxe et fassent parler leurs per idem pour des voyages touristiques. Aussi, leurs comptes en banque ne chômeront pas, et ceci malgré les situations désastreuses auxquelles est confrontée la population: massacre de la Saline, tueries à Carrefour-Feuille. Nous les payons chèrement pour ne rien faire ! Ou du moins pour mieux foutre le bordel ! Mais entre nous, quelle honte pour cette nation qui a tant donné à l’histoire mondiale ? Si nous pouvons accepter de telles dérives, de petits « gros » maux ne feront peut-être pas un si gros mal. D’ailleurs, un ancien président et potentiellement nouveau nous gâte assez bien en ce sens.

Toujours entre temps, l’essentiel est relégué au second plan. Ah oui… l’éducation des enfants n’est pas assurée ou encore l’éducation pèpè bat son plein. Les incendies ( pas du tout criminels) mettent à la rue les marchandes qu’on chasse si violemment sur les trottoirs. Les paysans de Grand-boucan, de Toufoufou, de Chaînes de Cahos, de Savane désolée, de Pestel, et de Desarmes doivent se rendre à la Croix-des-bossales afin d’écouler leurs maigres produits ( la véritable production nationale) dans la puanteur des choux pourris. Faute de projets, nos dirigeants engendrent le chaos qu’ils se proposeront de résoudre.

Où est l’avenir du pays si « pa gen lavi lavil la »?

La vente des fruits et légumes, vivres, des céréales de la production nationale est complètement impossible à la Croix-des-bossales! Un cas de forcing pourrait coûter la vie. En même temps, beaucoup de marchands y gagnent leur vie mais ce ne sera pas sans payer une sorte de redevance aux chefs de gang qu’on appellera des leaders communautaires. Aussi, on passera sous silence la mort de plusieurs marchands morts sous les projectiles assassins de nos fameux leaders . Évidemment, ils ne sont pas des médecins ou avocats… Ils ne méritent pas autant de défrayer la chronique. [Heureusement] que les mains de l’insécurité ne sont pas aussi sélectives, à un certain niveau, en tout cas.

Cette vague de violence à Croix-des-bossales n’est pas sans conséquence sur l’avenir des élèves habitants les zones défavorisées. Beaucoup d’élèves et d’étudiants se voient repoussés chez eux. Cause ? Leurs frais ne sont pas acquittés! Aux côtés de l’insécurité et de l’accès à certaines zones déterminé par nos leaders communautaires, leurs parents n’ont plus les moyens nécessaires pour assurer leurs besoins. Conséquence ? Le cirque continue : plus de bras pour plus d’armes. Plus de ventres vides venant manger la conscience de ces pauvres d’esprit qui mériteront certainement le royaume des cieux.

Entre nous, cela ne ressemblerait-il à une attaque systématique dirigée contre la population majoritaire visant à paralyser davantage l’échelle sociale ? Non… visant à activer que l’échelle descendante pour une classe particulière : celle de la majorité. Entre temps, qui sécurisera la Croix-des-bossales et ses zones avoisinantes? Qui prendra la responsabilité d’aider les enfants des victimes à continuer leurs études afin de stopper ce schéma social ? De toute façon, nous avions boudé l’appel à grève contre l’insécurité. Entre nous, ce n’est que l’insécurité, rien de bien grave. Elle le deviendra quand les médecins, avocats, journalistes et hommes influents tomberont.

Là encore, elle ne sera que le langage des grands de ce pays. Alors, à qui profite l’insécurité ? Nous le savons déjà tous! Mais qui osera réagir ?

Richy Mertus

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"Le savoir que l'on ne complète pas chaque jour diminue tous les jours."
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