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À trop t’aimer, tu m’as haï

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« Mieux vaut souffrir d’avoir aimé que de souffrir de n’avoir jamais aimé ». Je n’ai jamais aimé ce dicton car j’ai souffert de tout cet amour que je t’ai donné. Aussi, je t’ai fait souffrir de t’avoir trop aimée. Paradoxalement, je t’ai tellement aimée qu’à un moment, il a fallu que je te haïsse vu que toi, tu me haïssais déjà. Je n’en pouvais plus. Toi non plus d’ailleurs. L’excès, même en amour, tue. Je t’ai aimée même lorsque tu n’en voulais plus. Je t’ai aimé alors que tu me donnais mille raisons de te détester.

Je t’ai cherchée et je t’ai trouvée avec tous les bienfaits que tu pourrais m’apporter. Je t’ai aimée même lorsque tu ignorais mon existence. Je t’ai donné tout ce dont tu n’avais même pas besoin. Hier, tu n’étais qu’un reflet dans un miroir mais aujourd’hui tu es la version la plus réelle de la fille que j’ai trop aimée. J’ai satisfait tes moindres caprices. J’ai accompli tes plus grands désirs. J’ai fait de tes rêves des réalités . J’ai été ce roi que tu voulais parce que tu te prenais pour une reine. À un moment, je t’ai tellement servie que ce roi s’est transformé en valet. Je t’ai obéi. Je t’ai satisfaite debout, sur un lit, assis, à genou. Je t’ai aidée. Je t’ai soutenue.

À trop t’aimer, je n’ai pu ni m’aimer moi-même ni profiter du monde dans lequel je vivais. J’ai fait de toi mon monde, ma vie. Mes performaces physiques n’ayant pas été suffisantes, j’ai passé seize heures à penser à toi et même pendant mes huit heures de sommeil, je rêvais encore de toi. Tout ce que je faisais dans ma vie se résumait à toi. Toi. Nous ne faisions qu’un et de fait, je n’ai pu pas me définir sans toi, ni toi sans moi. J’ai toujours voulu ressembler à Narcisse, ne m’occuper que de ma petite personne mais tu étais là et je devais prendre soin de toi. J’ai toujours rêvé partir en guerre mais j’ai peur qu’un malheur t’arrive, ou qu’en revenant, tu sois partie. Le temps passait, je ne t’aimais plus, je t’adorais. Pour n’avoir pas voulu te perdre, je me suis perdu moi-même dans l’abîme de mes sentiments. Tu as été dans chaque recoin de mon esprit jusqu’à rassasier chaque infime partie de mon corps.

Ces mots que j’aligne ont pour but de te demander pardon . Pardon de t’avoir aimée aussi fort. Parfois, les humains ne le méritent . Je m’excuse de ne pas t’avoir laissé le temps de respirer. Je suis désolé de t’avoir donné qu’une vie ; nous deux. Je t’ai enfermée dans le cocon de mes sentiments et la flamme a eu raison de toi. Heureusement, tu t’es libérée à temps et j’espère qu’un jour, tu trouveras celui qui t’aimera moins que moi, comme tu l’aurais voulu. Ne m’en veux plus. Je te laisse avec l’impression d’avoir réussi à t’aimer et ce dégoût de l’avoir trop fait.

Pardonne moi,
Ton ex amour.

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À propos Wood Guerlin Tellus

Je suis Wood Guerlin TELLUS, étudiant en Sciences de Réhabilitation ( Ergothérapie ) à l'Université Épiscopale d'Haïti.
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