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Clubs différents, problèmes récurrents

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Quand on a que de l’amour du jeu pour unique raison, le sommet n’est déjà pas simple. Quand on est un club avec un statut de professionnel peu crédible aux yeux des émissaires étrangers et qu’on évolue dans un pays qui se locked assez souvent, c’est beaucoup plus compliqué encore. Face à la stagnation des détenteurs de capitaux propres, les clubs haïtiens font la manche à chaque fois qu’ils doivent disputer la Ligue des Champions de la Concacaf.

À défaut d’être la propriété d’un richissime homme d’affaire – comme c’est le cas du FC Cibao chez nos voisins dominicains, les clubs haïtiens se retrouvent souvent dans une course contre la montre pour des problèmes administratifs lorsqu’ils disputent les compétitions internationales de la zone. Le dernier en date n’est autre que l’AS Capoise
Engagée en 16e de finale de la CONCACAF Champions League, l’AS capoise affrontera le club surinamien de Robin Hood FC le 31 juillet à Paramaribo et le 7 août prochain en match retour.

L’ aller mal embarqué

La mentalité d’assistanat est devenue l’une de nos caractéristiques principales au fil des années et ceci dans n’importe quel domaine. Le lauréat du dernier trophée des champions se rendra en Amérique du sud, ce voyage nécessite un budget de 100 000$ US, mais le club ne dispose pas assez de fonds propres pour financer ce déplacement qui durera que trois jours. Ce besoin de financement a été pris en charge jusqu’à présent à hauteur de 40% par la Concacaf elle-même. Pas besoin de calculatrice, vous l’aurez deviné ça ne suffira pas car rien que l’affrètement du charter à bord duquel les joueurs embarqueront nécessitera 78 000$ US. À moins qu’un mécène du secteur privé décide d’investir dans le club, le conseil d’administration capois devra contracter des prêts . Il reste alors à savoir s’il l’obtiendra vu les conditions difficiles existantes.

Rien ne vaut que son chez soi

N’ayant pas de stade propre à lui, l’AS Capoise comme d’autres clubs avant s’est vu imposé de recevoir le match retour au Sylvio Cator. Un choix compliqué vu la distance séparant le lieu de la rencontre et la base du club. Habituellement l’équipe joue au parc Résigné de Milot cependant ce terrain n’est pas règlementaire, particulièrement les vestiaires qui ne correspondent pas aux normes minimum. L’ASC pourrait se voir disqualifier de la compétition si elle ne trouve pas de terrain capable d’accueillir ce match, car la goutte qui fait déborder le vase, c’est que notre seul et unique stade de foot qui respecte le strict minimum des normes requises pour recevoir un match international sera en chantier à partir du 7 août. Une firme hollandaise sera chargée de faire du neuf avec du vieux en donnant un visage rafraichi à notre « vye grann ». Retarder le début des travaux aura une conséquence sur le coût d’opportunité qu’ils engendront.

Dans les récentes éditions, nous avons pu remarquer les mêmes difficultés pour des clubs comme le Don Bosco et l’America des Cayes pour disputer des matchs. Il a fallu mettre les bouchées doubles surtout du point de vue financier pour se conformer aux exigences de la Concacaf. Peut-être que les bailleurs de fonds attendent que le vieux coq capois fasse un exploit comme la sélection à la Gold Cup pour mettre la main à la patte, des coups de mains qui – pour la plupart, ne consistent uniquement en des poignées de main devant la caméra. Nous espérons de tout cœur que les partenaires de Djimy Bend-Alexis arracheront la qualification et arriveront à trouver un compromis avec la FHF pour avoir le stade à disposition le 7 août prochain.

Dans tous les cas, malgré les obstacles et la folie des grandeurs de nos dirigeants mythomanes, l’avenir des clubs haïtiens et de la sélection se jouera, pendant longtemps encore dans sa maison désormais vétuste : le Sylvio Cator. Pour rappel ,ceux qui voudront faire le déplacement le 7 août au stade auront à payer respectivement 1000 gourdes pour avoir accès aux tribunes et 250 gourdes les gradins.

Rodney Zulmé

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