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Entre rêves et tromperies

Temps de lecture : 3 minutes

Il fait nuit. Je suis dans ma chambre. Le chien commence déjà à aboyer sur la ville. Un voile d’amertume la couvre jusqu’à la rendre morte.

Une envie a déambulé sur mes cheveux, dans mon sang et a annoncé le chant cassé de la douleur. Douleur que j’ai portée sur mon corps avec l’odeur d’une femme au corps d’ange. On était deux dans la chambre, l’autre prenait la forme du vide,de la fumée . Sa présence avalait l’âge de la volonté où chaque battement de mon cœur est un mort ressuscité. A force de me plonger dans le monde de la folie, j’avais envie de coïter ma voix,de me pénétrer…

L’histoire que j’ai à raconter a pris naissance dans mon sang, sans mère ni père. Le vent,les nuages, mon âme veulent la taire. Ils préfèrent que je la laisse claustrée dans ma voix et de saluer l’amitié traîtrise que le temps m’a offerte.

Oh quel autre nom pourrait-on donner à la douleur qui ronge mon âme quand l’amour est une maison sans porte ? L’intention ,ce n’est pas de mettre à nu mes sentiments mais de comprendre comment vivre tous ces chuchotements, regards croisés qui,désormais, arrachent le cœur . Tous ces « blogodow » sur le lit n’arriveront-ils toujours pas à apaiser ma soif ? Si aujourd’hui je porte ton sexe dans mes mains, c’est parce que l’amour est un tesson de bouteille qui blesse les rencontres, les amitiés et égorge l’existence.

Malgré tout, il y a le bonheur dans le mal. Mais quel autre nom pourrait-on donner à tout cela : bonheur dans le mal ? Une victoire manquée ou ratée? Oui… les crachats que j’ai avalés deviennent lacs dans mes yeux pour noyer ma solitude . Le goût de tes seins est une cigarette que Jacques Roumain n’a jamais eu la chance de fumer.

Crédit photo : Pixabay

Chérie… l’envie qui a déambulé dans mes yeux dans la chambre perdure encore. L’envie de porter l’odeur de ton antre sur mes lèvres en l’absence de ta nudité restera à jamais vivace. Elle me poussera à dessiner ton corps dans mes yeux. Ainsi tous les matins, chaque bonjour, serait une caresse, un baiser qui m’enfoncerait dans ta chair, une folie que je collerais avec nos souffles et une nuit que je réinventerais au verso de ton nombril.

Mais je ne sais pas comment dessiner tes yeux, tes seins aux mamelons célestes qui transforment mon corps en boulet de phrases. Des phrases dont les mots ne savent que tromper et forniquer . Ils deviendraient chair dans mon sang et chasseraient la fidélité qui vagabonde dans les ruelles de ton entrecuisse. En dépit de tout, je m’arrange à vivre avec mes blessures, mes cicatrices et mon passé au- dessous de mes aisselles , bien que mon âme reste clouée dans cette folie d’entendre tes hurlements, tes cris qui résonnent comme une chanson étouffée. Chérie…ne me dis pas que je suis un acteur raté! Je suis tout simplement victime d’un mauvais film, un film mal monté.

Je te demande une autre chance de remonter le film. Je te montrerai qu’un acteur reste un acteur. Il est capable de coller à ses crachats des soutiens-gorge et des culottes. Moi… je serai capable d’inventer des formules mathématiques sur ton pubis glabre et enfin tracer le triangle de Bermudes sur ton sein gauche pour donner plus de couleurs au crépuscule, à mes nuits.

Ce sera notre secret. Ce sera notre histoire…

Feguerson Thermidor

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À propos Feguerson Thermidor

Je suis Feguerson Thermidor, natif des Gonaïves, Haïti. J'ai suivi des études de Droit et en Administration à l'université d'État d'Haïti de 2013 à 2018. Je suis écrivain, poète, professeur de littérature. Auteur de cinq (5) ouvrages publiés en Haïti, en France et en Côte d'Ivoire de 2016 à 2019: Zoulou, 3 powèm pou Leta, Le sein gauche de la ville des Gonaïves est une cigarette, cantique d'un amour fêle, Kranp. Je suis également secrétaire de la JCI des Gonaïves.
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