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Estime de soi: faites-en le qualificatif de votre enfant

Temps de lecture : 7 minutes

L’estime de soi peu connu par le public est pourtant nécessaire pour élever une génération à la hauteur de la réalisation de ses buts. Faute de connaissance et de reconnaissance de l’importance de la psychologie par plus d’un, elle n’a pas été acceptée comme cela aurait dû être. L’estime de soi, bien que simple apparemment, est un procédé complexe. Ce sujet assez déterminant dans le comportement humain, peut porter à l’amélioration des performances des enfants, des jeunes, mais aussi des parents et des éducateurs destinés à les aider dans la construction de leur être. Cet article s’accentuera sur les enfants plus particulièrement sur leur qualificatif.

L’estime de soi dans sa genèse

La construction de l’estime de soi pourrait débuter depuis la période prénatale, mais, pour parler d’estime de soi, il faut d’abord faire intervenir un concept qui est la « conscience de soi ». C’est un élément à deux dimensions ; une dimension descriptive (concept de soi) et une dimension évaluative (estime de soi).

L’enfant, de trois (3) à six (6) ans, commence à avoir conscience de son existence, et par conséquent, commence à se voir comme une entité distincte de l’environnement auquel il appartient.

Le concept de soi est la notion qui détermine la représentation que l’enfant se fait de lui même. Sa perception de son être se forge à partir de ses rapports avec les autres et ce qu’on lui rapporte sur son être. C’est à ce moment que l’enfant s’attribue le sexe de fille ou de garçon. Si à l’âge de six ans, l’enfant se perçoit seulement sur le plan physique, à 7ans il commence à nuancer et percevoir aussi les émotions qui lui sont propres et peut se décrire de manière un peu plus élaborée.

L’estime de soi est à différencier du concept de soi, si ce dernier est la dimension descriptive de la conscience de soi, l’estime de soi est pour sa part sa dimension évaluative. C’est la valeur que l’enfant s’accorde. Mais une valeur qu’elle s’attribuera en fonction des discours que lui rapportent les autres sur son comportement et en fonction des rapports qu’ils développent avec lui.

Les composantes de l’estime de soi

Être en sécurité : cette aptitude s’articule autour de la sécurité procurée à l’enfant en décodant ses besoins et les satisfaire en revanche. C’est un exercice qui nécessite de passer du temps avec l’enfant pour comprendre son langage verbal ou/et corporel. Il engage plus directement parents et éducateurs. À l’état actuel de l’économie haïtienne, avec des familles vivant au bas du seuil de la pauvreté, il est presqu’ impossible à certaines familles d’offrir à leurs enfants l’attention que cela requiert par souci de travailler pour répondre aux besoins matériels de la famille. Cependant, ce besoin psychologique peut altérer le développement de l’estime de soi chez l’enfant.

Il est aussi à considérer que l’enfant ne doit pas subir des changements répétés à un rythme plus accéléré qu’il peut en supporter, c’est aussi un facteur déterminant dans le développement du sentiment de sécurité.

Projection positive de soi : ce composant de l’estime de soi passe par l’acceptation de l’enfant et de ses faiblesses par ses parents et éducateurs ainsi que ses pairs. Mais il est à noter que les jugements des personnes plus âgées sont plus susceptibles d’altérer le jugement de l’enfant sur lui-même. Il convient aux parents et éducateurs, d’aborder avec l’enfant ses faiblesses et l’aider à comprendre qu’elles ne sont pas une fatalité et qu’elles peuvent changer avec le temps. C’est en ce sens qu’il est regrettable de constater dans la société haïtienne que des parents et instituteurs lancent aux enfants des propos grivois de toute sorte pouvant leur fair croire qu’ils sont des ratés, des malédictions. Ces comportements peuvent engendrer des stigmates psychiques chez eux et aliéner leurs jugements envers eux-mêmes.

L’appartenance : l’enfant, pour construire une estime assez équilibrée de son être, a besoin de se sentir appartenir à un corps qui peut-être sa famille ou/et son école. Les parents qui organisent des activités familiales – sorties au cinéma, à la plage etc. – ont de meilleures chances de cultiver cet élément chez leurs enfants. Le traitement donné à ce dernier au sein de sa famille ou de son établissement scolaire peut contribuer aussi au développement de cette composante de son estime envers lui-même.

Se sentir compétent : ce sentiment est cultivé chez l’enfant à l’aide des petites tâches que lui confèrent ceux qui assistent son développement. Il est conseillé de permettre à l’enfant de se sentir capable d’influencer son environnement. Pour l’aider à mieux développer cette capacité, il faut prendre l’habitude de le féliciter à chaque effort réalisé, aussi petit qu’il soit.

Conséquences de l’estime de soi

L’estime de soi est donc un processus en développement continuel, elle n’est pas statique. Cependant, la période critique dans son développement est celle de trois (3) à six (6) ans car la valeur que l’enfant s’accorde à cet âge peut demeurer le long de sa vie. Une estime de soi faible (sous-estime de soi) tout comme une estime de soi trop élevée (sur-estime de soi) peut nuire aux performances académiques et autres chez l’enfant. Par exemple, un enfant qui s’estime peu n’osera pas prendre des initiatives mais se contentera de faire des choix d’épreuves faciles. En outre, l’enfant qui s’estime excessivement peut considérer l’échec comme un anéantissement sans aucune capacité de continuer à réessayer à cause de la déception profonde qu’il peut éprouver. Cependant, l’enfant jouissant d’une estime de soi équilibrée est plus apte à se réaliser, à prendre des initiatives, à s’adapter et à persévérer en cas d’échec.

Elle n’est pas à confondre avec le vantardise. L’estime de soi est un élément constant, présent dans toutes les initiatives de l’enfant. Elle permet par ailleurs de prévenir des pathologies psychologiques telles la dépression et certains problèmes d’apprentissage. C’est en ce sens qu’il est conseillé aux parents, aux établissements de jardin d’enfants et autres, de recourir aux compétences des experts psychologues en vue d’assister les enfants.

John-Woobens Reunaldo Kolason BOUCHER
Étudiant en psychologie
johnwoobens@gmail.com

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