Accueil / Blog / À la une dans Balistrad / Gaëlle Bien-Aimé, entre engagement et passion

Gaëlle Bien-Aimé, entre engagement et passion

Temps de lecture : 2 minutes

Si le parcours de Maguy Florestal, un poto mitan du milieu judiciaire, a déjà été évoqué, aujourd hui, il sera question d’une artiste au talent indéniable qui n’est pas près de cesser de faire parler d’elle: Gaëlle Bien- Aimé.

Née le 22 décembre 1987, Gaëlle a effectué tout son cycle scolaire à l’Institution Saint Louis de Bourdon et a poursuivi des études au Petit Conservatoire pour ensuite intégrer le milieu artistique.

Chacun sa lutte, chacun son arme dit-on. L’arme de prédilection de Gaëlle, c’est l’humour. Ses pièces décortiquent avec une précision chirurgicale les tares de la société haïtienne, une société intransigeante en soi, en ce qui a trait surtout à ses attentes vis-à-vis de la gente féminine. Cependant, Gaëlle reconnaît que le milieu artistique est difficile, indépendamment du sexe, les artistes n’étant pas appréciés à leur juste valeur. Néanmoins, dans certains domaines tels que le secteur musical, les femmes ont plus de mal à s’imposer.

Fille de cinéaste, sa réussite, elle la doit à son assiduité et à la passion qu’elle nourrit pour ce qu’elle fait. À la question « pourquoi le spectacle? », elle répond tout de go : « Parce que je me sens bien, et parce que j’ai des choses à dire, aussi. » En effet, Gaëlle n’a pas sa langue dans la poche. Tabou, Je suis Gaëlle, Coup de Girl, Anriyan, autant de moyens qu’elle a utilisés et qu’elle continue d’utiliser pour protester, indexer, réclamer… Avec le rire. Stéréotypes, politique, sexe… Tout se retrouve dans ses spectacles.

Gaëlle fait du tabou sa tasse de thé. Elle nous fait rire certes, mais réfléchir également car son but ultime est de «secouer les mentalités ».

On ne naît pas féministe, on le devient. Pour Gaëlle, fervente défenderesse de la liberté d’expression de la femme, on le devient en reconfigurant notre vie, en se plaçant dans le monde en affirmant ses choix. Elle perçoit d’ailleurs le féminisme non pas simplement comme un mouvement mais comme un mode de vie où l’on choisit de ne pas négocier son bien- être, son droit légitime et entier de dire non, de dire oui, de dire: voilà ce que JE veux.

A côté de la comédienne féministe, nous retrouvons également une Gaëlle qui n a pas peur de lutter pour ses idéaux politiques et qui demande incessamment KOTE KOB PETRO KARIBE A ? D’abord timide sur les réseaux sociaux, le mouvement de réclamation de reddition de compte des fonds de l’accord PetroKaribe a connu un ralliement sans pareil. Connue comme l’une des figures de proue du mouvement, Gaëlle décrit la corruption comme une catastrophe transversale en cause des conditions pitoyables du pays, et souhaite ardemment que ce mouvement « trace » un exemple.

En ce moment, elle fait également partie d’un regroupement d’artistes qui luttent pour rassembler des artistes en tous genres, et offrir des propositions favorables à leurs pairs. De plus, elle travaille sur un nouveau spectacle qui reprendra des textes de Mano Charlemagne, une figure emblématique de la musique haïtienne, pour qui Gaëlle ne cache pas une certaine admiration.

À tous ceux, mais surtout à celles qui souhaitent se lancer dans le théâtre, Gaëlle n’offre que ces conseils : «Travaillez et armez-vous de passion.» Son parcours en lui-même est bien la preuve que cela fonctionne.

Amandine Jean- Louis

Like Balistrad on Facebook

À propos Joey Amandine Jean-Louis

Je suis Amandine Jean-Louis, étudiante en sciences juridiques à l’Université Quisqueya ( UniQ). Mes principaux passe-temps sont la lecture et l’écriture. Je voyage à travers les livres. Cependant, j’écris parce que c'est la meilleure façon de m'exprimer: j’arrive à dire tout ce que je tais, que je ne peux pas exterioriser, ce qui me dérange, ce qui me plaît. Écrire est à la fois une façon de partager, de me purger, de laisser éclater mes émotions , de renaître, de me morfondre, de m’indigner.
previous arrow
next arrow
PlayPause
Slider