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Jean Henry Céant : entre un notaire public et un premier ministre déchu, quel avenir politique ?

Temps de lecture : 4 minutes

Environ six mois après Jacques Guy Lafontant, c’est le tour de Jean Henry Céant de se faire limoger à la tête du gouvernement haïtien. Après un vote de censure de la Chambre basse datant le 18 mars dernier, Le président Jovenel Moïse avait dit prendre acte et avait fait choix de Jean Michel Lapin comme Premier ministre a.i pour liquider les affaires courantes. Entre tergiversations et analyses récurrentes, l’ancien gérant de la Primature (Jean Henry Céant) se loge à l’enseigne de la déception.

«Déchu, humilié, rabaissé» sont entre autres les qualificatifs attribués par plus d’un à Jean Henry Céant ces derniers jours. Sapé comme un milord dans un pantalon skinny et un maillot rouge, notebook en main, Wesly Dieudonné, 22 ans,étudiant en relations internationales à l’ANDC ,analyse la situation que confronte son alma mater depuis un certain temps.

«Le conflit inter caméral lié au dossier de l’ancien Premier ministre et qui ponctue la réalité du parlement est une nouvelle illustration du mal qui gangrène le pays», introduit-il son intervention. «L’union dans le mal» est l’expression qu’il utilise pour distinguer la démarche des députés. Car, soutient-il, «Chaque fois qu’il doit avoir séance pour  voter un projet ou une proposition de loi, les parlementaires ne se présentent jamais. Mais, quand c’est pour censurer un Chef de gouvernement et faire leur beurre, les députés sont toujours à l’heure».

D’après lui, l’arène politique haïtienne est ponctuée d’une certaine «hypocrisie». «Monsieur Jean Henry Céant en est une victime », dit-il en hissant les épaules. Toutefois, il pense que Céant n’a pas été un grand Premier Ministre. Parce que, avance-t-il, « la grandeur n’est pas liée au parcours intellectuel d’une personne, mais à son courage de refuser certaines fonctions». «Céant soti piti piti, e l soti tankou yon san fanmi politik», a-t-il conclu.

De son coté, Rolph Louis-Jeune, étudiant en Science Politique à l’IERAH, se dit apte à décrypter les stratégies du pouvoir en place. Pour lui, le choix de Jean Henry Céant a été une stratégie de Jovenel Moise pour consolider son pouvoir. Car, dit-il, « Si le président Michel J. Martélly avait choisi Evans Paul issu d’une autre famille politique à la fin de son mandat, c’était une façon de créer la cohabitation dans la classe politique et terminer son mandat ». « Le choix de Jean Henry Céant s’inscrit dans le même cas de figure », a-t-il soulevé.

Quant à ceux qui font de Céant une victime de la pratique parlementaire haitienne, l’aspirant politologue pense qu’il faut aborder la situation sous le prisme d’une plus grande ouverture d’esprit. « L’ex Premier ministre a fait choix de poignarder son avenir politique. Il faut qu’il paie les  conséquences de son inconséquence », martèle-t-il . « Jean H. Céant a perdu sa sagesse le jour même qu’il a accepté de collaborer avec ce régime», a-t-il soutenu avec force. Car, « le mandat de JoMo est déjà révoqué par la volonté populaire. Il est un président illégitime » soutient le Secrétaire exécutif du Regroupement des Jeunes Dévoués pour le Relancement des Actions Civiques et Sociales (REJEDRACS) pour conclure.

Cheveux blonds, peau brunie, longiligne, Rossiny Pierre Célant est étudiant en Droit à l’Ecole de Droit et des Sciences Economiques des Gonaïves (EDSEG). Rencontré à l’angle de la rue Lafleur du chêne et Ave Christophe, le rivartibonitien affirme être constitutionnel la révocation de l’ex PM. « La Constitution du 29 mars 1987 donne les prescrits juridiques et légaux pour interpeller un Premier ministre», a-t-il soutenu avec une éloquence vigoureuse. « Néanmoins, les deux chambres ne devaient guère interpeller le premier ministre à la même heure. Et c’est le premier malaise de la question», confie le jeune juriste.

« Jean Henry Céant a commencé à pécher le jour où il a accepté d’être le chef d’un gouvernement qu’il n’a pas lui-même le droit de nomination d’un ministre », continue l’actuel étudiant en Histoire à l’IERAH. « Le seul membre du cabinet qui est l’émanation de la volonté de Céant a été le Secrétaire d’Etat à la Communication, M. Eddy Jackson Alexis » nous confie-t-il. « C’est archi grave qu’un homme formé comme le notaire Céant laisse tomber sa dignité et son avenir politique au détriment d’une volonté aveugle d’aider le président JoMo à sauver cette tranche de son mandat »

À la résultante des tourments, tergiversations et points de vue des analystes politiques, la situation de vie des plus démunis ne cesse de s’aggraver . Entre temps, un nom comme Jean Henry Céant patauge dans la déception. Politiquement, quel est son avenir en Haïti ? Rien n’étant rectiligne en Haïti, une action d’éclat de la part de l’ex premier ministre aura peut-être tout effacé. Encore, les camps de l’opposition se verront-ils grossis ?

L’avenir dira le reste !!!

Rysdaёl Clébert Duvelsaint

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À propos Rysdaël Clébert Duvelsaint

Je suis Rysdaël Clébert Duvelsaint, né en août 1997. Je fais actuellement une étude en Psychologie à la Faculté d'Ethnologie (UEH) et en Relations Internationales à l'ANDC. Journaliste de formation, je fais de l'écriture un prétexte pour piper ce qui passe au plus profond de moi (passion, émotions, respect, etc.)
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