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LA CRISE DES CADRES HONNÊTES : ÉLÉMENTS DE SOLUTION

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Le pays fait face à de nombreuses difficultés à tous les niveaux notamment sur le plan structurel et organisationnel. La gabegie administrative gangrène les institutions étatiques. Le laxisme favorisant la défaillance d’un système d’autophagie arrive à son paroxysme où tous les compartiments de l’État en subissent les conséquences. Au lieu de servir le pays, l’individu arrivant au timon des affaires met l’appareil à son service pour le plaisir de ses acolytes. Le chômage est-il à la base des cas de corruption et de malversation à la hausse dans l’administration publique et privée ? S’agit-il d’un problème éducationnel lié à un mauvais conditionnement du citoyen dans la gestion des choses publiques ? D’autres facteurs pourraient-ils être à l’origine des maux que connaît le pays en ce qui concerne la crédibilité de nos fonctionnaires ? Cela nécessite une analyse approfondie pour apporter des pistes de solution dans ce contexte marqué par l’appât du gain.

Le citoyen privé de tout est une proie facile à toute sorte de tentations. Un potentiel corrompu ou corrupteur lorsqu’il parvient à occuper un poste quelconque… Sauf s’il applique les principes et valeurs moraux sous la base de conviction. Un pays organisé prend en compte le bien-être de sa population à travers une politique publique articulée sans démagogie. Le comportement d’un individu bénéficiant des services de base et jouissant de ses droits n’est pas le même que celui d’un autre arrivant à peine à survivre de ses propres efforts. La privation peut être utile à booster l’imagination de manière positive ou négative. Une simple illustration : Plutôt que de payer un inconnu ou soudoyer quelqu’un pour avoir un service que d’essayer la voie loyale, sûre et légale. La tendance est que la politique constitue un couloir facile pour toute personne désireuse de gagner sa vie. En ce sens, elle fait des heureux au détriment de la collectivité face à des problèmes à résoudre. L’arrivisme remplace la volonté de servir.

Une pratique devient habitude quand elle ne trouve aucune contrainte. Faute de canalisation, l’eau déborde dans tous les sens. Faute de correction, l’enfant grandit avec des défauts à l’âge adulte nuisibles pour la société, difficiles à éradiquer après s’être installés dans le mode de vie du sujet. Bien entendu, cela n’écarte pas obligatoirement la possibilité d’un dosage comportemental soit par la sanction, la modification de la perception ou la compensation par de bonnes actions. Bref, la quête d’un emploi dans un pays où le marché du travail est restreint entraîne la malice comme stratégie. Untel ne possède aucune compétence ni qualification. Par accointance politique, favoritisme ou clientélisme il se faufile…Cela alimente une conception malsaine de l’individu se trouvant en dehors de la scène attendant son tour pour se lancer dans la même pratique sous couverture d’une main cachée. À la recherche du profit au lieu du rendement et de l’efficacité. Ignorant que la faillite d’une boîte peut être fatale dans la recette fiscale.

Aucun contrôle strict sur le mode de vie des fonctionnaires. Une faille systémique laissant à tous la latitude d’agir à leur guise. Ils ne sont ni des saints venus du ciel ni des robots programmés pour accomplir une tâche de manière parfaite bien qu’ils n’aient pas le droit à l’erreur dans l’exercice de leur fonction. On se plaint de la faiblesse de l’État sans épingler les employés passifs, arrogants, insouciants ne respectant aucun principe, se comportant en belligérants pour intimider ou faire des pressions sur leurs subalternes. N’en déplaise à certaines  des institutions se transformant en lieu de commérage où le proxénétisme institutionnel gagne son plein. De telles pratiques ne font que réduire la chance pour un homme ou une femme de caractère de travailler en toute quiétude et confiance. D’autant plus que des cadres performants quittent le pays pour d’autres cieux plus cléments soit pour des raisons économiques, sécuritaires ou autres…Il faut freiner cette hémorragie menaçant considérablement nos matières grises.

Par conséquent, le citoyen doit se former en toute honnêteté pour être un fonctionnaire exemplaire, travailler avec le sens du sérieux et sa bonne foi, participer au renforcement des institutions ; à la réalisation des projets viables, durables pour la communauté et au rendement et à la bonne marche de l’administration. La première vision doit être le travail bien fait. S’il existe un remède pour la corruption, c’est la conscience citoyenne capable de transformation. Pour arriver à changer la mauvaise perception offerte par nos institutions, une réforme institutionnelle en profondeur doit être effectuée en vue de corriger les dérives. Passant par l’innovation pour une approche intégrale au développement de l’heure. Considérer chacun comme élément important dans l’ensemble ayant sa contribution dans la dynamisation de chaque entité. Rejeter la vision minimaliste réduisant l’employé à un simple salarié aux dépens de la construction du citoyen comme capital humain. Les institutions sont performantes avec des personnes soucieuses du travail bien fait.

Jean David DESTINVILLE

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