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La place du libre arbitre dans la Bible

Temps de lecture : 4 minutes

« Au commencement était la parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. Elle était au commencement avec Dieu. Toutes choses ont été faites par elle, et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans elle. En elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes. »

Dans l’Evangile selon Saint Jean, il est dit que tout est déjà écrit, rien de ce qui a été fait n’a été fait sans elle. Chacun n’aurait pas déjà sa parole, son histoire écrite, ses choix déjà faits ? Mais par qui ? Pour quoi ? Si cette parole fait référence à la bible, à ce qui est écrit, à tout ce qui devrait se passer mais existerait-elle seulement pour le Christ ? Ou du moins, chacun n’aurait pas sa propre bible, sa propre parole ? Le destin de chaque personne vivant sur terre n’est-il pas déjà écrit ?

La Bible, dès le début, montre le chemin parcouru par le Christ. Toutes ses souffrances, il a choisi de les vivre pour nous sauver. Chaque pas qu’il a fait, chaque action qu’il a posée n’ont fait que donner vie à la parole. Tout s’est évertué à prouver que tout ce qui doit être fait ne peut être fait sans la parole. Voilà un Dieu accomplissant à la lettre une prophétie malgré ses moments de doute et on nous parle de libre arbitre ! Ne serait-ce pas un peu nous monter à la dimension du Christ ? Nous laisser le choix et lui, le lier à un destin qu’il ne peut ou n’a pas voulu changer ?

Serait-ce plutôt descendre le Christ à notre dimension et nous montrer qu’en chacun de nous sommeille un dieu ou un Christ ? Un Christ avec une mission qui, pour la plupart d’entre nous, n’a pas été remplie. Le divin étant en nous, le dieu ne serait-il celui qui s’octroie la mission, celui qui écrit la parole ?

Au commencement était la parole. Si ce commencement, dans la cosmogonie biblique, se réfère à un commencement sans commencement, il insiste surtout la réalité pré-matérielle : avant le soleil, le monde, notre monde. Avant notre monde fait d’humains, espèce semblable à Dieu. Cette parole serait alors pour qui ? Pour accomplir la prophétie du Christ ? Seulement le sien ? Encore une fois, en tant que dieu ayant la capacité du libre arbitre, n’a-t-on pas chacun notre prophétie ?

Dieu nous aurait laissé le choix de prendre la voie qui nous convient, de nous élever à sa dimension ou nous retourner contre lui. Eh oui… pour de graves conséquences ! Les hommes ayant eu le courage de choisir leurs voies ont été anéantis. L’histoire de l’arche de Noé, de Sodome et Gomorrhe en sont des exemples flagrants. Les vrais libres sont punis à cause de leur incroyance tandis que les croyants acceptent les tribulations en espérance d’un bonheur éternel. Alors, pourquoi nous parler de libre arbitre pour ensuite nous punir d’avoir réagi avec les choix jugés meilleurs pour nous ? Après avoir pensé un monde bâti sur la loi du plus fort, Dieu enverrait donc en enfer ceux qui ne feraient pas sa volonté .

D’ailleurs, l’enfer se trouve où ? Dans la Bible, diront certains comiquement. Depuis toujours, on entend répéter que l’enfer se trouverait sur terre même ! Le mal perpétré sur cette terre se paie immanquablement sur terre. Le mal demeurant subjectif, il serait alors beaucoup plus prudent d’affirmer que toutes actions entraînent des conséquences allant jusqu’à impacter des tierces parties ou personnes. Le paradis, selon la cosmogonie, serait un lieu d’adoration éternelle ( les chrétiens), de débauche ( les vikings, Audain). D’autres schèmes de pensées parleront de réincarnation ( la cosmogonie vaudou par exemple). L’existence d’autres appréhensions n’empêchent pas de questionner l’après-mort. Serait-ce parce que Dieu aurait injecté en nous une idée des concepts paradis et enfer ? De toute façon, face à la peur, la méconnaissance de l’au-delà, le libre-arbitre ne devrait-il pas tomber ?

Pourrons-nous un jour répondre à toutes ces questions ? Peut-être ou peut-être pas. De toute façon, en ces matières, la vérité ne sera jamais une finalité mais la voie. Qui est Dieu ? Où se trouvent l’enfer et le paradis ? Qui a décidé de qui ? Qui décide de comment ? Et pourquoi ?

Pour certains, Dieu est régi dans les sept lois universelles de la vie. Donc, Il est pour eux une sorte d’énergie ou la source même de toute énergie. Il est le tout, l’univers, la matière les molécules. L’enfer, le paradis et les concepts représentés dans la loi du Karma, c’est lui. Dieu se révélant différemment, la conception de l’un étant différente de celle de l’autre ne camperait-il pas plusieurs idées de Dieu ? Il suffit de regarder les différentes religions, les mythologies : la même histoire avec des appellations différentes, des concepts différents mais avec une même finalité.

Somme toute, nous sommes des enfants de ce Dieu, des consciences égoïstes découlant d’une supraconscience universelle la question mais la question demeure entière : libre arbitre ou enchaîné au destin ? Il y aura toujours ces questions, cette envie de tout savoir . Tout porte à croire qu’il existe un être encore plus puissant que nous tous réunis, qui a su jusqu’à date créer tout ce qui existe. En matière de spiritualité, d’inconnu, les réponses ne seront jamais arrêtées et les questions récurrentes. La vérité ne sera en aucun cas la finalité mais un passage, une voie menant probablement à l’après-mort. Cependant, dans cette excursion, Dieu ne serait pas totalement innocent.

Vous en pensez quoi ?

Medoussa

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À propos Médoussa Jean François

Je m’appelle Médoussa Jean François, étudiante en gestion du tourisme à l’université Quisqueya . Lire a toujours été une passion et un repère pour moi. En lisant, j’ai appris des choses qui maintenant m’aident à mieux écrire pour dire ce que je tiens à faire passer. Ce qui se traduit très bien par cette phrase que j’ai dite en 2014 « LIRE POUR RÉNOVER, ÉCRIRE ET CONCRÉTISER ». Écrire est bien plus qu’une passion...c’est une façon de me révéler sous une autre forme et ce d’une meilleure façon.
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