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La violence, la solution

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À l’heure qu’il est, ma très chère patrie connaît des heures sombres, plus sombres qu’une nuit démunie d’étoiles et que la pleine lune a oublié d’éclairer même d’un fin rayon. Rien ne s’améliore au contraire tout s’empire! À gérer chacun son lot de problème, personne n’ose apporter une once de solution. Le tableau laisse voir une situation chaotique nous plongeant dans le plus total des désarrois. Il ne devrait, pas en principe, nous laisser indifférents mais nous paraissons trop différents pour passer outre nos différends.

Le combat auquel nous assistons ne permet plus de différencier les vainqueurs des vaincus, les oppresseurs des opprimés, les bienfaiteurs des malfaiteurs. Tout semble s’imbriquer. Entre temps, dehors pue la mort. C’est une recrudescence de la violence, du crime. Nous entendons des assassinats par-ci, de délits infrahumains et inhumains de toutes sortes par là. C’est le règne de l’iniquité . Nous sommes tant hantés par la peur de mourir que nous n’osons plus réclamer le droit de pouvoir vivre. Ainsi , des innocents meurent et les bandits, eux, vivent. Ils pillent, assassinent, volent et manipulent en toute impunité.

Le pire ! Les hommes qui sont censés être des gens de bonne foi, de loi ne peuvent comprendre voire juger ces gens qui, à défaut du pain quotiden, sont prêts à tout. La vérité est dure mais elle est là : quand l’injustice est au pouvoir, la violence devient formelle. Entre ceux qui jettent des pierres sur la propriété des autres et ceux qui torpillent les caisses de l’État, ou encore ceux qui mettent le feu partout et ceux qui refusent de voir la crasse dans laquelle vivotent les autres; entre ceux qui tuent parce qu’ils veulent vivre et ceux qui tuent parce qu’ils ne veulent pas mourir, la latitude de vivre se trouve malheureusement très réduite.

Nos témoignages d’aujourd’hui ne sont autres que le résultat d’une frustration constante , d’une prise de conscience collective et d’une réflexion de nos maux. Si certains ne veulent point s’embarquer parce qu’ils pensent ne rien à voir avec l’état des choses dans la première république noire du monde, si beaucoup ne veulent pas s’immiscer prétextant que cela ne les regarde guère , il y aura toujours un groupe à se ruer dans toutes les contrées pour demander des comptes. De toute façon, le changement ne partira que d’un petit groupe. Attention alors aux réactionnaires qui voudront bien les juger et ce, avec des arguments sophistes confondant la majorité ! Le contexte socio-politico-économique du pays pousse le plus souvent à ne pas pouvoir décortiquer le bien du mal. Tout se fait sens dessus-dessous! Rien n’est réalisé dans les règles, ni la formalité. Cependant, un brin d’espoir suffirait pour apaiser la tension de nos rues mais semble-t-il que le soleil du midi soit déjà passé sur Haïti.

On ne saurait non plus appeler au dialogue, ni faire un discours de non-violence, car ce serait ôter à tous ces gens qui prennent la rue la dernière chose qui leur restait: la sensation de compter encore, la sensation d’être encore humain. De toute façon, on ne saurait anesthésier douze millions de personnes. Alors vous me pardonnerez de ne pas faire partie de ceux qui croient que la violence ne peut rien résoudre alors que le calme n’a rien pu arranger.

Wood Guerlin TELLUS
woodlesage103@gmail.com

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À propos Wood Guerlin Tellus

Je suis Wood Guerlin TELLUS, étudiant en Sciences de Réhabilitation ( Ergothérapie ) à l'Université Épiscopale d'Haïti.
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