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La violence sexuelle, un mal silencieux

Temps de lecture : 15 minutes

La violence sexuelle, sujet tabou, est à la fois un problème de santé et de sécurité publique, et aussi une violation des droits humains. Une personne victime d’un viol doit bénéficier d’une intervention médicale en urgence dans l’intervalle de 72 heures après l’acte pour prévenir les IST (VIH) et/ou une grossesse non-désirée.

Christiane Taubira : « On ne se fait pas violer. On est violé ».

La violence sexuelle, ce mal, ait pu exister le jour où l’un a fait du corps de l’autre le prolongement du sien et l’a utilisé à sa guise comme objet sexuel pour satisfaire ses désirs et fantasmes sexuels; c’est comme abattre une proie dans son sang vif qui coule à flot.

Le problème devient plus grave car la sexualité, partout ailleurs, est sujet « messe basse » et controversé; et toute action humaine, positive ou négative, ayant une connotation sexuelle, est percue de même où le silence devient la norme. La violence sexuelle, sujet tabou, est à la fois un problème de santé et de sécurité publique, et aussi une violation des droits humains.

Quelques chiffres alarmants

Dans le monde, la violence basée sur le genre (VBG) incluant la violence sexuelle affecte au moins une femme sur quatre, Haïti ne fait pas exception. Ce qui veut dire qu’une fille ou une femme sur 4 dit avoir été agressée sexuellement et/ou physiquement.
Un petit garçon ou un homme sur 6 dit avoir été agressé sexuellement.
D’après une recherche de l’UNICEF, Plus de 50% des personnes victimes de violence sexuelle sont des enfants. Pourtant, dans l’aire métropolitaine de Port-au-Prince le nombre est à la hausse, confirme une psychologue clinicienne travaillant dans une strucuture sanitaire de prise en charge médicale des survivants(es). Dans 75% des cas de violence sexuelle, les victimes connaissent leurs agresseurs car c’est un membre de la famille ou des proches.

Un premier acte de violence augmente le risque d’en être victime à nouveau; la personne survivante est vulnérable et cette vulnérabilité est vite identifiée par d’autres agresseurs qui repèrent facilement une nouvelle proie.

« J’ai été doublement violée », se rappelle Nellie  (nom d’emprunt), une jeune fille qui a été victime il y a deux ans de cela. Questionnée comment elle se sentait, elle répond :

« Un inconnu en moi qui m’a pénétrée violemment est déjà un « kadejak » ; en plus de ça, j’ai tout le monde contre moi : ma famille, mes proches, la localité où j’habite ; personne ne me supporte. Je suis devenue un moins que rien, une vilaine fille souillée, impure. C’est encore un autre viol, n’est-ce pas ? »

Quid de la violence sexuelle ?

La violence sexuelle est tout acte sexuel, effectif ou tenté, quelle qu’en soit la nature (pénétration, attouchements, caresses, exhibitionnisme…), imposé à autrui en utilisant la force, la contrainte, la menace ou l’effet de surprise.

Selon un rapport de l’OMS, la violence sexuelle se définit comme : Tout acte sexuel, tentative pour obtenir un acte sexuel, commentaires ou avances de nature sexuelle, ou actes visant à un trafic ou autrement dirigés contre la sexualité d’une personne en utilisant la coercition, commis par une personne indépendamment de sa relation avec la victime, dans tout contexte, y compris, mais sans s’y limiter, le foyer et le travail.

La violence sexuelle comprend :

  1. le viol ou kadejak (acte de pénétration vaginale, anale, buccale, infligé notamment par la force physique avec l’utilisation d’un pénis, d’autres parties du corps ou d’un objet quelconque ; lorsque le viol est perpétré par plusieurs agresseurs, on parle de viol collectif).
  2. Tentative de viol quand quelqu’un essaie de commettre un tel acte mais n’y arrive pas.
  3. attouchements sexuels non-désirés,
  4. harcèlements sexuels,
  5. la prostitution infantile et forcée et la traite d’êtres humains à des fins d’exploitation sexuelle, etc.

La notion du consentement

Pour préciser, la violence sexuelle existe par l’absence de consentement et l’incapacité de donner son consentement peut être due : parce que la personne agressée est une enfant (mineur), ivre, droguée, endormie ou incapable mentalement de comprendre la situation dans laquelle elle est.
L’agresseur prend du plaisir dans les rapports sexuels imposés certes, mais l’objectif peut être autre et exprime l’expression d’un pouvoir de domination sur la personne victime. En général, les hommes mariés qui exigent leur femme à avoir des rapports sexuels pensent agir légitimement car, pour eux en étant le mari, ils considèrent leur femme comme un objet sexuel qui est là pour satisfaire leurs besoins sexuels.

Peterson Anténor, formateur en santé sexuelle et reproductive (SSR) au programme de l’Unité de Gestion de Projet de MSPP, qualifie la violence sexuelle d’atteinte au respect et à la dignité de la personne humaine.

Les conséquences de la violence sexuelle

Les conséquences néfastes de la violence sexuelle qui font mal et font souffrir la personne victime peuvent être physiques, psychologiques, familiales et sociales.

Les conséquences médicales (physiques, sexuelles) de la violence sexuelle (viol) peuvent être ainsi manifestées :

  • Troubles gastro-intestinaux: douleurs gastriques, vomissements, nausées, indigestion, douleurs et ballonnements abdominaux, troubles du transit (diarrhée, constipation)…
  • Troubles musculaires et articulaires: des douleurs ostéo-articulaires et musculaires ; elles touchent tous les sites : la colonne rachidienne, les membres, la face…
  • Grossesse non-désirée, infections sexuellement transmissibles principalement VIH, lésions traumatiques du vagin (perforation hyménale, plaies du vestibule), complications gynécologiques (saignements et les infections vaginales, les fibromes, la baisse de la libido, l’irritation génitale, des rapports sexuels douloureux, des douleurs pelviennes chroniques et des infections urinaires).
  • Troubles neurologiques : Les victimes d’agressions sexuelles sont sujettes à des manifestations neurosensorielles telles que vertiges, bourdonnements d’oreilles, sensations vertigineuses, étourdissements, malaises, céphalées, migraines.

À long terme, ces conséquences physiques peuvent surgir sur une survivante de violence sexuelle : douleurs pelviennes chroniques, manifestations douloureuses gynécologiques: Dysménorrhée (douleur au moment des règles), du syndrome prémenstruel (douleur avant les règles) ou des dyspareunies (douleurs au moment des rapports sexuels) désordres gynécologiques tels que les pertes vaginales, les irrégularités menstruelles, les ménorragies (règles abondantes).
Les cas de violences sexuelles subies pendant l’enfance étaient vraiment associés à un impact accru des fibromes utérins à l’âge adulte.

Avoir été violenté·e sexuellement et/ou physiquement augmente la chance d’être obèse et diabétique, de souffrir d’hypertension artérielle, de troubles cardiovasculaires (inflammation de poitrine, infarctus, artérite). Trois éléments expliquent l’association de l’obésité liée aux violences : les troubles du comportement alimentaire (boulimie, compulsions alimentaires), les troubles de l’humeur (dépression, anxiété) et l’inactivité physique (hypertension artérielle, crise cardiaque, accidents vasculaires cérébraux).

Psychologiques

Les conséquences psychologiques de la violence sexuelle peuvent être :

  • Troubles anxieux: phobies (peur, panique, agoraphobie), obsessions, syndrome de stress post- traumatique
  • Troubles de la personnalité : Irritabilité, faible estime de soi, conduites suicidaires, automutilations, fugues, instabilité, troubles du comportement
  • Troubles du sommeil : Insomnies, cauchemars, terreurs nocturnes
    Troubles du comportement alimentaire : Anorexie, boulimie
  • Troubles addictifs: Alcoolisme, tabagisme, toxicomanie
  • Comportements suicidaires: les femmes et les filles victimes d’agressions sexuelles encourent beaucoup plus au suicide ou à la tentative de suicide que les hommes. Aussi, peuvent s’installer des troubles émotionnels suite à des expériences de harcèlement sexuel à répétition.

Sociales

Les conséquences familiales, sociales de la violence sexuelle sont : le rejet familial, l’humiliation, l’exclusion sociale, la stigmatisation (discrimination), la répudiation…
Dans beaucoup de cas, la prise en charge de la personne victime est suivie de son hébergement suite à des représailles survenues au sein de la communauté de résidence de la victime qui est considérée comme une personne impure, souillée qu’il faut y déguerpir afin de chasser la malédiction qui s’abat sur cette communauté.

Causes de violence basée sur le genre (VBG) et violence sexuelle

La violence sexuelle est un type de violence sexiste ou sexospécifique ou encore de VBG. La violence sexospécifique, c’est quand la victime a été violentée ou agressée en raison de son sexe ou de son orientation sexuelle.

« Cela me dérange parce qu’à fois que je sorte ; il y a toujours un gars pour me dire : waw, tout pou ou, pa manman w lan ladan l. Et ce qui est plus grave, ça n’arrive qu’à nous, les filles ; je me demande pourquoi, » a déclaré une fille de 19 ans.

Dans la majorité des cas, la violence basée sur le genre touche les femmes et les filles, rapporte la psychologue clinicienne. Cette question est liée à la problématique du genre qui se définit comme tout rapport attribué entre femmes et hommes au sein d’une société donnée. Malheureusement, ce sont les filles et les femmes qui sont les plus visées car le sexe féminin est mal perçu, mal représenté aux yeux de tout le monde, tient à préciser Peterson Anténor. C’est ce qui est à la base des inégalités entre hommes et femmes (l’homme domine et la femme subit) et ceci engendre la vulnérabilité des femmes et des filles à la violence.
En ce sens, les vulnérabilités des femmes et filles peuvent être conditionnées soit par :

  • Leur jeunesse
  • la cohabitation avec un partenaire intime
  • la consommation d’alcool ou de drogue
  • le fait d’avoir subi d’agressions sexuelles antérieures
  • l’autonomie financière (l’étude, le travail)
  • le fait d’avoir plusieurs partenaires sexuels
  • le fait de travailler dans l’industrie du sexe
  • le fait d’être considérées comme des objets sexuels
  • la pauvreté.

Ces éléments-là représentent les principales causes des cas de VBG, plus précisément de violence sexuelle.

Violence sexuelle, ce mal « invisible » qui détruit dans l’ombre

La violence sexuelle n’épargne personne, pas même une septuagénaire quoique au sein d’un centre hospitalier.
Si dans les situations de crise, les cas de viol font la une c’est parce que les canaux du silence imposé détériorent par rapport à la dégradation de la vie sociale et les agresseurs n’arrivent pas à masquer leurs actes puisque les tissus sociaux sont déchirés et la rue devient l’environnement immédiat de tout le monde ; incapables de cacher le mal [la violence sexuelle], une fois perpétré et la dénonciation, dans ce cas-ci, fait exception à la règle du silence (kase fèy kouvri sa n’est plus possible) même si cela ne va pas tenir pour longtemps vu que les perceptions genrées et les violations des droits humains persistent encore dans la société haïtienne.
C’est ce qui explique pourquoi l’adolescente de 14 ans violée à l’intérieur du commissariat de police d’Anse-d’Hainault, le samedi 12 octobre 2019, a pu dénoncer ce qui lui était arrivé. Ce qui est gravissime, ce cas de viol a été produit dans un commissariat, haut-lieu de sécurité publique et de protection civile, qui pis est, par un de ces fonctionnaires civils et aidé par un policier (agent de l’ordre).

Généralement, tous les actes de violences communautaires ou en milieux urbains, périurbains ou ruraux sont accompagnés de cas violence sexuelle (viols). Le massacre de La Saline en est un exemple vivant dont le rapport de MINUJUSTH & HCDH expose certains faits en ces termes :

« Onze cas de viols ont été rapportés par des organisations haïtiennes des droits de l’homme, dont deux cas de viol collectif que le SDH a pu vérifier. Les témoignages recueillis confirment que les viols collectifs se sont déroulés dans les maisons des victimes, devant leurs parents ou enfants, respectivement par quatre et cinq hommes cagoulés, âgés d’une vingtaine d’années. Dans un cas, les témoignages indiquent que les auteurs du viol ont contraint un des leurs à commettre l’acte alors que les assaillants menaçaient de tuer la victime de 17 ans devant des enfants présents pendant les faits. Les assaillants ont aussi mutilé un des parents de la victime. Dans l’autre, la victime de 23 ans a été battue à coups de poings et avec la crosse des armes des assaillants avant d’être violée. »

Les actes de viol, dont ont été victimes plusieurs étudiantes dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, n’arrivent pas à être élucidés parce qu’il est beaucoup plus facile pour les agresseurs d’opérer en temps de calme et de dissimuler leurs actions dans le silence de la société et dans « l’enquête se poursuit » de la police.
Et jusqu’à présent, quelles actions la justice haïtienne a-t-elle menées pour éradiquer la pratique « Alantran », ayant pris pied à Démarré, une section communale de Verrettes dans le département de l’Artibonite, où des hommes, délibérément, s’autorisent à avoir des jeunes filles comme concubines âgées entre 14 à 21 ans ?

Comment se sentir quand l’information sur le cas de viol subi a été publiée dans les média ?
Malgré le fait que son identité n’ait pas été révélée, une survivante s’est rappelé de ses sentiments.

« J’ai eu mal. J’ai honte de moi. Je me sentais en danger, dévalorisée. »

Dans une situation pareille, le formateur en santé sexuelle et reproductive explique comment la victime peut réagir.
« Une personne victime de violence sexuelle et qui n’a pas réussi à la surmonter soit parce qu’elle n’a pas eu le support nécessaire de la part de son entourage, soit parce que la personne coupable n’est pas dénoncée ou condamnée. Au moment où elle en entend parler, elle peut avoir une des réactions dûes aux traumatismes vécus comme des reviviscences c’est à dire le sentiment de revivre l’acte ainsi que les différents effets. Elle peut avoir aussi des cauchemars, sudation, palpitations etc. »
Si le vécu de la personne a été diffusé sans son accord, peut-être qu’elle serait poussée à se refermer sur elle-même et à ne pas faire confiance en autrui.

Vols, viols, coups et blessures, meurtres, assassinats, incendies, pillages…, énumère la Fondasyon Je Klere (FJKL), dans son dernier rapport, pour décrire la conjoncture « pays lock » et souligne des cas de viols collectifs sur des passants (hommes et femmes) dans l’impunité la plus totale…

L’un des résultats du « pays lock » : lors de l’émeute du 07 novembre 2019 à la prison civile des Gonaïves, certains prisonniers ont investi l’espace réservé aux femmes et filles et se sont mis à violer une dizaine de prisonnières. Comment une telle situation a-t-elle pu être produite ? Comment Haïti a-t-elle pu en arriver là ? Où en est-on avec la construction de l’Etat de droit ?
Le fait est que la répétition des actes de violences sexuelles, précisément le harcèlement sexuel et le viol, est monnaie courante sur tout le territoire haïtien.

« Le viol déshumanise » : a tenu à rappeler le philosophe Ralph Jean-Baptiste de Café Philo à l’émission L’invité du jour de radio Vision 2000, le jeudi 13 juin 2019.
La violence sexuelle, ce mal silencieux qui réduit et détruit dans l’ombre (à l’insu de tous) un nombre incalculable de vies, peut figer — quoique dans ses activités quotidiennes — la vie de la personne victime même si personne n’a été au courant par le seul fait qu’elle est psychologiquement déstabilisée et devient plus vulnérable aux évènements inhabituels qui peuvent avoir lieu quelque soit le contexte.
En ce sens, il faut rendre visible ce mal invisible et silencieux qu’est la violence sexuelle c’est-à-dire renforcer l’accès aux informations liées à la santé sexuelle et reproductive tout en stimulant une culture sanitaire responsable chez les membres des communautés pour une prise en charge de par ces dernières de la santé comme ressource communautaire.

Les actes de violence sexuelle nécessitent une urgence médicale

Le message, à donner à une personne victime de viol, est clair : aller à l’hôpital immédiatement et avant 72 heures de temps afin d’éviter une infection au VIH, une grossesse non-désirée et/ou prématurée (si c’est une fille ou femme). Elle doit recevoir des soins médicaux non seulement pour prévenir les IST et la grossesse mais aussi pour éviter le tétanos et l’hépatite B. entre autres, la victime doit aussi bénéficier des soins psychosociaux afin d’être rétablie mentalement et d’être accompagnée dans ses démarches juridico-légales. Après le traitement prophylactique, le ou la patient/e aura son certificat médical s’il ou elle souhaite entamer des poursuites judiciaires ou pas.

La façon dont s’habille une femme ou fille n’a rien à voir avec une incitation au viol. Le survivant ou la survivante n’est en aucun cas responsable de l’acte de violence subi ; seul l’agresseur est responsable de son acte. De toute évidence, ces perceptions sexistes et beaucoup d’autres encore sont parmi les causes qui alimentent la violence basée sur le genre (VBG) y compris la violence sexuelle et doivent être bannies au sein des sociétés.

Selon Dr Guérin, la violence sexuelle, en somme, est assimilable à un virus, tellement elle se propage de manière similaire à celui-ci, sur un mode épidémique et il n’est pas rare que les victimes se transforment en agresseurs…
Et c’est en adoptant une prise en charge similaire à celle de la vaccination qu’il sera possible de diminuer ces agressions en insistant sur l’information, la prévention, la tolérance zéro vis-à-vis des agressions en rendant ces délits imprescriptibles (sans prescription). Les agresseurs doivent être également pris en charge par une psychothérapie.

Jean Frantz TOUSSAINT 

Références
https://positivr.fr/christiane-taubira-lecture-texte-telerama-se-faire-violer-leonora-miano/
http://www.stopauxviolencessexuelles.com » www.stopauxviolencessexuelles.com
http://www.loophaiti.com/content/cayes-une-septuagenaire-violee-lhopital-immaculee-conception
http://www.loophaiti.com/content/cayes-une-septuagenaire-violee-lhopital-immaculee-conception
https://www.vantbefinfo.com/haiti-justice-viol-le-crime-silencieux/
« Rapport sur les allégations de violations et abus des droits de l’homme du 13 et 14 novembre 2018 dans le quartier de La Saline, Port-au-Prince » produit par la Mission des Nations unies pour l’appui à la justice en Haïti (MINUJUSTH) et le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH).
RAP fjkl/081119/5Troubles Politiques:Un ordre public assassin et/ou défaillant expose la société à la violation massive et systématique des droits humains
https://www.allodocteurs.fr/se-soigner/violences/viol-agression-sexuelle/violences-sexuelles-comment-s-en-remettre_15338.html
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À propos Jean Frantz Toussaint

Jean Frantz TOUSSAINT a fait des études en linguistique appliquée à l'Université d'État d'Haïti. Il est Éducateur, Formateur en Développement personnel. L'écriture est sa passion.