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Le Brésil et ses premières inquiétudes

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Après une campagne des éliminatoires survolée avec matière et manière, il est évident que le Brésil débarque chez Poutine avec un statut de grandissime favori de la Coupe du monde. D’ailleurs, avant même le début de la compétition, en vertu des succès des matches de préparation, on sentait déjà une réelle envie des Brésiliens de se passer du traumatisme de la débâcle de 2014, dont les images hantent aujourd’hui encore les esprits des supporters. Maintenant, reste à voir si le collectif de la Seleção sera donc à la hauteur de l’exploit attendu. En attendant la réponse définitive, la première sortie du Brésil n’a pas été trop convaincante.

Plus jamais comme avant, ces dernières années, les observateurs du football se plantent de plus en plus dans les pronostics. On a eu droit justement à des surprises inédites. Le monde a évolué. La pratique du football n’est pas en reste. Les pays concernés consentissent des efforts pour être à la hauteur des évènements. Et, c’est une bonne chose pour ceux qui regardent le foot pour son côté esthétique. Car, ce n’est pas toujours intéressant d’assister à un match de football, où la nette supériorité de l’une des deux équipes a souvent tendance à réduire dans la beauté de la chose. Certes, il y aura toujours de différence, mais c’est quand même mieux quand c’est équilibré. Ça donne plus de sens au jeu. Bref.

Au regard de la somme des individualités des Brésiliens, avec notamment une armada offensive constituée des éléments parmi les plus dangereux actuellement dans les plus grands championnats européens, cette deuxième rencontre du groupe E entre le Brésil et la Suisse le dimanche 17 juin 2018 à Rostov, aurait dû être une simple formalité pour les partenaires de Neymar. Certainement, quand c’est sur le papier, c’est même trop facile de le dire. Mais la réalité du terrain en a souvent décidé autrement. Surtout dans une compétition de grande envergure comme la Coupe du monde. Et c’était justement le cas dans ce Brésil-Suisse. Peu importe son statut, aucune équipe ne voudra pas vendre sa peau à bon marché.

On ne cesse de le répéter, « Il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué ». Tite et sa belle sélection brésilienne viennent de faire la dure expérience face à l’équipe suisse de football. Pour son entrée en lice au Mondial, la Seleção, véritable favorite au succès final du tournoi, se fait freiner par les Suisses. Lichtsteiner et ses coéquipiers se sont montrés très intelligents dans le jeu au moment de mettre en déroute le plan de jeu des Brésiliens.

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Avec la qualité technique qu’on les reconnait, les Brésiliens ont pourtant bien entamé l’affaire. Les Marcelo, Neymar, Coutinho, Willian n’ont pas pris du temps à monopoliser le cuir. Ce qui obligeait les Suisses à commettre pas mal de fautes. Ainsi, à la vingtième minute de jeu, dans la foulée de cette domination, Philippe Coutinho a fait jaillir toute la clarté de sa technique, offrant l’ouverture du score au Brésil d’un amour de frappe, qu’on ne voit pas tous les jours à la télévision. L’œuvre est de toute beauté.

Neymar ou l’inefficacité offensive brésilienne

L’avantage du score au profit des Brésiliens dans le premier acte de la partie, n’a pas du tout découragé les Suisses. Au contraire. Au retour des vestiaires, ils ont montré un visage beaucoup plus conquérant. Ainsi, cinq minutes seulement après le coup d’envoi de la deuxième période, ils ont trouvé leur égalisation grâce à Zuber. Le score de parité restera donc inchangé jusqu’au coup de sifflet final de la partie.

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On peut ne pas être d’accord. Mais, le Brésil aurait pu remporter le match. N’était-ce pas ce manque de transmission, qui a caractérisé son attaque durant presque toute la seconde mi-temps… Une inefficacité offensive, dûe en grande partie au style de jeu bling-bling de Neymar. Car l’attaquant parisien, même avec des pepins physiques n’entend pas simplifier sa manière de jouer. D’une manière ou d’une autre, son côté one-man-show a eu des préjudices considérables sur l’épanouissement collectif du jeu brésilien.

Ce n’était que la première sortie. En tout cas, pour ne pas répéter ce même couac dans les prochaines confrontations, l’équipe du Brésil a intérêt à être beaucoup plus fluide dans la construction de son jeu, notamment au niveau de l’animation offensive.

Osman Jérôme

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