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Le phénomène cubain

Temps de lecture : 3 minutes

Pressé par le temps qui s’écoulait inexorablement, je me rendais à ma séance habituelle de dégustation « d’opium du peuple », que voulez-vous? À chacun ses croyances. Je disais donc que je me rendais à un service de prière à Nabussan sur la Route de l’Aéroport comme on l’appelle; c’est alors qu’en débouchant sur la ruelle  où se trouvait l’église, j’eus l’impression de ne point être chez moi, de ne point être en Haïti.

En effet, s’étendaient à perte de vue, des peaux peu colorées, des cheveux d’un blond d’or ou d’un noir soyeux, des accoutrements bizarres pour mon esprit d’Haïtien habitué à la simplicité. Vous l’aurez donc compris, j’étais tombé dans un champ d’étrangers, dans un champ de cubain, plus précisément. Ils semblaient beaucoup plus à l’aise que moi-même dans mon propre pays. Leurs drapeaux s’étendaient partout, ils grouillaient dans les bars dansant du latino au lieu de notre traditionnel compas.

Un quartier venait encore de tomber sans guerre mais par une attaque insidieuse et rapide entre les mains de cubains. Cette expansion s’en va en augmentant. Ainsi, il se pourrait qu’il y ait encore quelques filons d’or à tirer encore de cette terre déjà dépouillée par des années d’exploitation? On les voit qui s’adaptent rapidement pour découvrir comment se remplir les poches. On les voit dans les transports en commun, sac à la main allant joyeusement à la chasse aux trésors. Ils achètent des articles qu’ils vont répandre plus chèrement dans leur pays. C’est ça le business !Nous n’y avions pas pensé, bien sûr! Pourtant, le problème ne réside pas dans le fait sus-cité mais plutôt dans le fait qu’une certaine servitude s’installe de nouveau dans l’esprit de nos chers compatriotes vis-à-vis de ces Blancs.

On voit nos frères et soeurs accourir pour leur proposer des services et refuser ces mêmes services à leurs compatriotes ou le leur offrir négligemment et sans déférence. N’ai-je pas à ce propos un anecdote à raconter? Il s’avère que l’un de nos compatriotes a ,comme qui dirait, ôté l’allocation d’un immeuble à son frère de sang pour l’allouer à un cubain alors que les termes du contrat n’étaient pas à leur fin. Sachant bien sûr que le cubain paierait  plus cher et ce de manière journalière, rien de surprenant!

Au lieu même ou devait s’élever une école pour la communauté s’élevait un store coloré de couleurs cubaines. La mentalité haïtienne semble  détruite! Son amour pour le blanc  l’a détruit! On ne saurait blâmer les cubains [ qui ne sont pas vraiment des blancs, à préciser] qui viennent en paix et qui ne cherchent qu’à se faire un peu d’argent mais bien l’haïtien qui ne sait vraiment pas comment aborder le sens des priorités étant juste motivé par l’argent que seul pourrait lui procurer en abondance le blanc qui lui a fait croire qu’il lui est supérieur.. .

 

Morantus

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À propos Kerlintz Morantus

Étant agé de 24 ans, j'ai à mon actif un parcours qui s'adapte parfaitement au jeune haïtien que je suis! Ayant fait mes études secondaires à Saint-Louis de Gonzague puis poursuivant mes études professionnelles à l'Université Notre Dame d'Haïti, j'ai développé un certain amour pour l'écriture, amour me venant certainement du fait de mes nombreuses lectures et des rencontres faites avec les grands auteurs de ce siècle et ceux des siècles derniers! Pourtant, je poursuis aussi l'amour que j'ai pour le dessin! En effet, je fais de la bande dessinée, ce qui est pour moi une sorte d'échappatoire qui me permet d'écrire encore et toujours.
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