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Le stade oui, mais dans quelles conditions ?

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“11 000 spectateurs pour le 20e derby national Violette-Racing CH depuis 2002” titra Le quotidien Le Nouvelliste. Le stade national Sylvio Cator habituellement surnommé « vye grann » a presque affiché complet pour ce match comptant pour la 2e journée du championnat national. Une affluence importante en ce temps de grand banditisme et de troubles politiques. Généralement l’haïtien lambda bombe le torse pour dire qu’ils ont eu des grands joueurs, la fameuse génération 70-76, qu’Emmanuel ‘’Manno’’ Sanon a mis fin à l’invincibilité de Dino Zoff, ou que Violette a battu Pelé au stade Sylvio Cator. Notez qu’il n’a pas été question du New-York Cosmos mais d’uniquement Pelé alors que ce dernier n’a été qu’un élément de l’effectif. À cette période, la situation économique permettait aux supporters de se rendre au stade au point où la musique « Ann al nan Stad la » leur servait de motivation .

Combien de fois avions-nous remarqué à l’entrée des parcs sportifs ou du stade national une foule de gens en attente ? Une dizaine de fois, diriez-vous. Une centaine pour les plus vieux. C’est une tendance à attendre les mi-temps des évènements sportifs pour y entrer . C’est la période nommée « barrière libre » en avançant, évidemment, l’excuse économique. C’est la raison pour laquelle les autorités préfèrent fermer les entrées afin d’empêcher à ces resquilleurs d’avoir accès à l’évènement. Il faudra cependant préciser qu’il s’agit d’un acte interdit dans les chartes de la FIFA. Les entrées doivent être libérées en cas d’urgences pour faciliter la sortie des spectateurs.

Mais comment peut-on laisser les barrières ouvertes si le responsable, par amitié ou par crainte de ces resquilleurs {souvent hommes influents et politiques}, assiste aux matchs sans verser un centime ? Les solutions conjoncturelles ne peuvent pas résoudre un problème structurel. La solution serait de se tourner vers les fans clubs des équipes (s’ils en ont réellement) pour qu’ils inculquent certaines règles à leurs supporteurs. Ainsi, ils accumuleraient plus de recettes et pourront payer les arriérés des salaires des joueurs et bon nombre de dépenses. Il n’est plus un secret pour personne que bon nombre des clubs sont en défaut de paiement. Le Racing Club Haïtien qui est pourtant une des plus vieilles institutions sportives de la place en fait partie.

Le Stade Sylvio Cator affiche complet uniquement quand la sélection nationale y joue. C’est toujours durant les périodes de matches internationaux que la mairie décide de lancer une opération d’assainissement à l’intérieur (les vestiaires du stade et les toilettes sont rarement propres) et à l’extérieur du stade, car l’environnement immédiat de l’enceinte est l’un des plus grands marchés de la ville. C’est aussi durant ces périodes que la PNH met en place un semblant de périmètre de sécurité alors que quotidiennement ce quartier est, depuis quelques années, un champ d’affrontement entre gangs rivaux et le lieu de prédilection des voleurs.

On retiendra aussi le fait qu’une seule barrière donne accès au stade. Il est peu évident que les choses changent d’ici là mais au moins espérer un minimum d’effort de la part des autorités pour tenir l’image du match. Tout n’est finalement qu’une question d’image et de perception. Alors, à quelques jours du match contre Cuba, nous n’attendons pas qu’ils fassent mieux mais qu’ils soient parfaits {nous les payons d’ailleurs pour ça} dans l’organisation de manière à ce qu’on aille au stade avec l’esprit plus tranquille.

Rod

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