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Les trésors du bleu

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Assise sur ce mur au bord de la plage, j’avais le regard perdu dans le vide. L’immensité de la mer n’a jamais cessé de me surprendre. Ses différentes nuances et surtout le calme qu’elle dégageait en ce moment m’ont toujours attirée. Je laissais mes pieds frôler chaque vague, mais je refusais de me laisser emporter. Il était bien trop tôt !

J’attendais que le soleil fasse son mea culpa. J’attendais qu’il donne à la mer cet aspect orangé pour laisser mon corps entier se laisser caresser par chaque vague.
Naturellement, je suis impatiente. Mais en ce moment, j’avais toute la patience du monde. Je regardais mon corps parfaitement dessiné avec les aspects de l’univers dans ses moindres recoins. Chaque vergeture me rappelait un éclair, mes petits points d’acné au teint plus foncé que le reste de mon corps me rappelaient les étoiles éparpillées dans le ciel. J’ai appris à admirer mon corps en admirant l’univers.

Lui et moi ne faisons qu’un ! Mon corps est à son image. Perdue dans mes pensées, je n’ai pas vu le soleil se coucher. Je n’ai même pas repéré mon astre muet qui m’éclairait et me guidait vers l’eau. Je me levai doucement, me dépouillai de mes vêtements avec le plus grand calme et dans toute ma nudité, je plongeai dans l’eau.

Les yeux fermés, bercée par le vent frais et la mélodie de l’eau qui frappait sur un rocher, je me laissais emporter. Je me perdais un peu plus de mon point de départ.
“Méduse” c’était un petit appel des plus suaves et j’avançai vers cette voix étrange mais douce. Et là, je n’étais plus sur l’eau, même pas sous l’eau pour être franche. J’étais dans un autre monde, leur monde. Je ne craignais rien. J’étais plus calme que je ne l’imaginais, mais encore plus curieuse que d’habitude. “Avance, n’aie pas peur ! ” Je ne savais pas d’où elle provenait mais cette voix me guidait. Elle était comme ma boussole dans cette immensité bleuâtre. Plus j’avançais, plus je voulais voir, plus j’avançais et plus je me sentais apaisée.

« Ramasse, c’est à toi et surtout n’oublie pas que la mer fait partie de toi. Ne lâche pas tes trésors. Ne renie pas les cris de ton passé. Laisse la nature et l’univers te dorloter à ta juste valeur. » Je ne me rappelle pas l’avoir ramassé, mais j’étais assise toujours aussi nue qu’avant sur ce mur. À la seule différence, j’avais un petit coffre rempli d’or qui brillait de mille et un feux tout comme ma beauté qui rayonnait encore plus qu’avant.

Je ne suis pas têtue, je sais bien que mon plus grand makeup se fait sous l’eau. Ce n’est qu’après un bon bain de mer que je retrouve la déesse qui est en moi.

MÉDUSE

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À propos Médoussa Jean François

Je m’appelle Médoussa Jean François, étudiante en gestion du tourisme à l’université Quisqueya . Lire a toujours été une passion et un repère pour moi. En lisant, j’ai appris des choses qui maintenant m’aident à mieux écrire pour dire ce que je tiens à faire passer. Ce qui se traduit très bien par cette phrase que j’ai dite en 2014 « LIRE POUR RÉNOVER, ÉCRIRE ET CONCRÉTISER ». Écrire est bien plus qu’une passion...c’est une façon de me révéler sous une autre forme et ce d’une meilleure façon.
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