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Maguy Florestal, une vie consacrée à la magistrature

Temps de lecture : 3 minutes

Si vous aviez suivi l’actualité judiciaire des derniers jours, il serait difficile de rater son nom. En effet, Maguy Florestal figurait parmi les juges proposés par le Sénat à la Cour de Cassation. Même si elle n’a pas été nommée, Maguy Florestal n’en demeure pas moins, un juge très respecté dans sa profession et un modèle pour les femmes dans la Magistrature. Portrait d’une femme de Droit qui s’impose.

Un parcours exemplaire

Maguy Florestal est née à Hinche au Plateau Central. Elle rentre à Port-au-Prince pour ses études secondaires puis des études en Droit à la Faculté de Droit et des Sciences Economiques de Port-au-Prince. La jeune avocate se dirige alors vers l’Ecole de la Magistrature. « Je fais partie de la première promotion de 1997 », dit-elle avec fierté. Parmi les lauréats de sa promotion, Maguy Florestal commence alors sa carrière dans la Magistrature debout comme substitut Commissaire des mineurs au Parquet près le Tribunal de Première Instance de Port-au-Prince. Promue comme juge et juge d’Instruction au même Tribunal, elle y passe onze ans. En 2011, c’est à la Cour d’Appel de Port-au-Prince qu’on la retrouve. Elle y est jusqu’à ce jour. Parallèlement, Magistrat Florestal est aussi la Directrice des Etudes à l’Ecole de la Magistrature.

Une magistrate engagée

Lorsque Magistrat Florestal ne siège pas à la Cour d’Appel, elle mène de front des projets pour la lutte contre la violence faite aux femmes et aux enfants. Durant trois ans, Maguy Florestal a été responsable d’un projet de l’Association internationale des femmes juges contre la violence faite aux femmes et contre la domesticité des enfants. « Ce projet a atteint plus de 500 personnes qui, désormais, agissent au mieux pour combattre la violence faite aux femmes et aussi encourager les parents à garder leurs enfants pour éviter les cas de domesticité », affirme la directrice des études de l’EMA. « Les juges qui ont suivi les formations sont maintenant plus aptes à traiter les dossiers relatifs à ces cas », a –t-elle ajouté. Depuis l’implantation de ce projet, Maguy Florestal dit constater une diminution des cas de domesticité dans le pays.

Toujours dans le cadre de sa lutte pour les femmes, la juge à la Cour d’Appel de Port-au-Prince a piloté un autre projet de la Mission des Nations Unies pour l’appui à la Justice en Haïti (MINUJUSTH) consistant à organiser des ateliers de sensibilisation contre les violences faites aux femmes. Ce projet a couvert les dix départements durant l’année 2018.

Mère et écrivaine

En dehors de sa carrière de Magistrat, Maguy Florestal est également écrivain. En 2016, elle a publié l’ouvrage « l’Ethique du Magistrat » pour lequel elle prévoit une réédition. Par ailleurs, Madame est mère d’un adolescent de 16 ans, objet de son amour et de sa fierté.

Pour une augmentation des femmes dans la Magistrature

Membre du Chapitre Haïtien de l’Association Internationale des Femmes Juges (CHAIFEJ), Maguy Florestal tient à une augmentation considérable des femmes dans la Magistrature haïtienne. « Nous ne sommes que 12% », dit-elle avec une note de regret dans la voix. « Il faut que les jeunes femmes sortant de l’Ecole de Droit intègrent l’école de la Magistrature (EMA) pour qu’on ait la parité au moins », a-t-elle ajouté.

Avec le CHAIFEJ, elle encourage les jeunes filles dans ce but. Avec la sixième promotion, la directrice a pu atteindre une partie de ses objectifs avec une promotion de trente-quatre femmes pour trente-cinq hommes: « Les justiciables font beaucoup plus confiance aux femmes ».

La reconnaissance

Le travail de cette magistrate engagée est reconnu autant par ses pairs que par d’autres entités. En mars 2018, elle a reçu aux côtés de deux autres collègues le Prix Rock Cadet de l’Association SOS Liberté. En mai de la même année, c’est la Chambre des Députés qui lui remet une plaque « Honneur et Mérite » ainsi qu’à la militante des Droits Humains, Dilia Lemaire, pour« leur grandissime contribution à l’avancement du pays ». Au début de cette année, Maguy Florestal reçoit une plaque « Honneur et Mérite » de l’Association Internationale des Femmes Juges. Reconnaissant que ses efforts commencent à porter des fruits, elle ne compte pas s’arrêter là cependant. Tant qu’il n’y aura que 12% de femmes dans la Magistrature, Maguy Florestal se dit prête à continuer la lutte pour que d’autres viennent rejoindre les rangs des femmes juges: « Tout ce que les femmes font, elles le font bien et avec soin. La Justice, au point où elle en est, a donc besoin de femmes méticuleuses qui s’engagent à redorer son blason. Alors, mesdames, venez, la Magistrature vous attend! »

Un appel, espérons-nous, qui ne restera pas sans effet !

Vanessa Dalzon

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À propos Vanessa Dalzon

Je suis Vanessa Dalzon, Rédactrice en chef à Balistrad, étudiante en Droit à l'Université Quisqueya. Passionnée de lecture, je trouve à travers l'écriture un moyen de partager ce que j'ai lu, vécu, entendu ou compris sur le monde et sur mon entourage.
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