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Méduse d’un soir

Temps de lecture : 2 minutes

On m’appelle Méduse ! Dès que je cite mon nom on fait référence à la méduse. Ce nom tiré de la mythologie grecque représenté par une femme aux cheveux de serpents m’a toujours suivi jusqu’ici. Pourtant il ne m’a jamais autant effrayée jusqu’au jour où…

Il est 9h du soir, et Morphée ne veut toujours pas m’accueillir dans ses bras. Pourtant, j’ai la ferme impression d’avoir sommeil. J’ai pris toutes les positions possibles et imaginables sur le lit. Rien ne se passe ! Je n’ai toujours pas les yeux clos. Alors, je sortis doucement du lit, posai mes genoux à terre et commençai à prier. Je suis peut-être la seule à être ainsi mais dès que je commence à prier, le sommeil s’empare de moi comme un somnifère.

Sitôt dit, sitôt fait ! J’ai à peine entamé le « notre Père » que je ne sais plus où je suis. Je me retrouve dans un endroit bien trop calme à mon goût: quelques plantes éparpillées par ci et par-là, des herbes perdant leurs verdures et un peu plus loin, comme un point, je ne pouvais pas vraiment distinguer les formes mais on dirait bien une petite maison. Soudain, il y eut le son de ce tambour qui m’attira sans que je ne pusse comprendre l’endroit d’où il provenait. J’essayai quand même d’avancer. Au fond de moi, cette petite voix me suppliait de ne pas continuer.

Je scrutai les lieux une seconde fois. Rien de familier ! Pourtant, je n’avais pas la sensation d’être venue pour la première fois. J’essayais de me rappeler cet endroit sans grands résultats. Soudain, sur une grosse pierre se trouvant au milieu d’un chemin, j’apercevai quelques cafards. Beaucoup trop de cafards. Ces petites bêtes qui ont le don de me mettre hors de moi. Oh mon Dieu… J’en ai jamais vu autant ! Est-ce ce normal ? L’explication me vint d’un coup : dans la mythologie haïtienne, les cafards sont signes de mauvais présages.

Ne sachant vraiment pas à quoi m’attendre, je n’avais qu’une envie: prendre mes jambes à mon coup mais je restai figée. Je tremblai le souffle coupé. Plus ils avançaient vers moi, plus je perdais mes forces ! Je ne me savais pas aussi trouillarde. À peine étaient-ils à quelques centimètres de moi, je vis ce serpent. Je ne saurais définir sa couleur mais ses yeux me perçaient comme jamais, comme s’il me parlait, comme s’il me disait de ne pas m’en faire, que tout était sous contrôle. Il me perçait comme si j’étais complètement nue. Il semblait lire en moi comme personne avant. Il se faufila doucement vers ces cafards et s’empara d’un seul, un seul cafard, le dévora d’un trait et les autres disparurent .

Je regardais partout mais plus aucun signe de cafard. Il n’y avait que lui et moi. Je pouvais courir mais je ne voulais pas. Je pouvais disparaître de là mais je ne voulais pas. Il n’y avait que ce serpent, son sifflement et la paix qu’il m’apporta qui régnait en moi sans parler du son de ce tambour qui se remit à battre.

La nature et moi étions en parfaite harmonie ! Ce serpent sur mon cou, le roulement de ce tambour et évidemment moi dans toute ma splendeur « votre méduse d’un soir ».

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À propos Médoussa Jean François

Je m’appelle Médoussa Jean François, étudiante en gestion du tourisme à l’université Quisqueya . Lire a toujours été une passion et un repère pour moi. En lisant, j’ai appris des choses qui maintenant m’aident à mieux écrire pour dire ce que je tiens à faire passer. Ce qui se traduit très bien par cette phrase que j’ai dite en 2014 « LIRE POUR RÉNOVER, ÉCRIRE ET CONCRÉTISER ». Écrire est bien plus qu’une passion...c’est une façon de me révéler sous une autre forme et ce d’une meilleure façon.
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