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On ne peut plus tergiverser

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Toute journée normale de travail commence à 8h a.m et se termine vers 4hPm. Pour une journée ordinaire, les bus et taxis des transports se retrouvent aux stations de métro attendant des passagers. Les journées de classe bien constituées prennent fin avec les cours. Pourtant, ce mercredi 6 février, dès 2hPM, les institutions publiques et privées se vident. Les écoles ferment leurs portes. Tous s’empressent de rentrer chez eux. On est que mercredi pourtant! Ç’aurait dû être un jour de travail, de classe ou d’activités normales. Cependant rien n’y fait. Cela faisait trop de temps que la situation dans laquelle vivait cette population ne présentait que des anomalies.

Cela faisait trop longtemps que les prix des produits de première nécessité ne cessaient de grimper. Trop de temps à espérer quelques minutes d’électricité. Trop de promesses non tenues! Trop de balbutiements ou de cafouillages chez les décideurs politiques . Beaucoup trop de temps à espérer qu’un Moïse fasse un miracle mais semble t-il qu’il a perdu son bâton. Alors, cette fois, le peuple décide de parler, de s’exprimer du seul langage que peut comprendre nos chers mâles élus et nommés.

Ce 6 février, la couleur est annoncée, reprenant étrangement le schéma d’un certain 8 juillet dont les souvenirs sont encore vivaces. Pneus enflammés, barricades, pierres jonchent et obstruent les rues. Sauvages, direz-vous ? Barbares, pensez-vous ? Ils auraient pu réfléchir aux conséquences, croyez-vous ?
A quoi peuvent réfléchir ceux qui ne mangent pas à leur faim ? A quoi peut penser un peuple qui voit tous les jours ses enfants mourir « par erreur » sous les balles de ceux qui sont censés les protéger ? Au milieu de ce capharnaüm, nul ne levait le petit doigt alors que nos taxes et impôts paient frais, salaires et avantages en tout genre à un petit groupe qui porte le nom d’autorités politiques. Aux abords du gouffre dans lequel nous nous enfonçons de plus en plus tous les jours, ceux qui sont censés agir pour notre bien n’arrêtaient pourtant pas de creuser tout en nous forçant à croire que tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Les signaux qui montrent qu’il n’y a pas de rémission sont cependant bien visibles mais optimisme aveugle ou mauvaise foi dévastatrice, ils continuent de croire que ça va. Marches pacifiques, lettres ouvertes, statistiques, aucun de ces modes de communication n’a pu atterrir jusqu’à ce que les pneus enflammés, les barricades et manifestations violentes commencent à parler autrement. Et là tout de suite, tout le monde veut écouter, dialoguer sauf que le peuple décide désormais de ne plus tergiverser. Le temps des négociations est passé…

Vanessa Dalzon

À propos Vanessa Dalzon

Je suis Vanessa Dalzon, Rédactrice en chef à Balistrad, étudiante en Droit à l'Université Quisqueya. Passionnée de lecture, je trouve à travers l'écriture un moyen de partager ce que j'ai lu, vécu, entendu ou compris sur le monde et sur mon entourage.
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