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Sanba Zele :  une compagnie artistique cherchant à rehausser le drapeau de la culture dans le Nord-Ouest

Temps de lecture : 4 minutes

Tandis qu’ils étaient encore à l’école secondaire, quatres (4) jeunes lycéens se sont donnés pour mission de “redynamiser et rehausser la culture dans le pays”, plus particulièrement dans le département du Nord-Ouest. D’où la naissance, le 5 novembre 2012 de Sanba Zele, une compagnie artistique évoluant à Port-de-Paix. Cette initiative est jugée très louable par les jeunes artistes et comédiens œuvrant dans le département.

“Sanba Zele a été conçue dans un contexte difficile quand on sait que la réalité est parfois contraire aux rêves des jeunes, nous dit Shervens Joseph, l’ancien promoteur de la compagnie. Il ajoute que dans un premier temps, “les artistes pratiquaient seulement la poésie et le théâtre. À présent, le rêve s’élargit et est ouvert au slam, danse, chanson, artisanat etc.”

L’ objectif général de Sanba Zele est de “hisser le drapeau de la culture haïtienne afin d’être sûr d’avoir une identité, car un peuple sans culture ne vit pas“. Elle comporte plusieurs sections : la danse, le théâtre, la poésie, la chanson, l’artisanat, la peinture, la couture et j’en passe. Dès leur adhésion à cette structure, les artistes se voient attribuer automatiquement une toute nouvelle appellation, si l’on en croît les propos de Fils-aimé Jean-Ribert Dominique dit Pouchon Legrec, l’un des membres fondateurs de Sanba Zele  :

“Généralement, on appelle “sanba” tous les membres de la compagnie,  quelle que soit la section dans laquelle ils évoluent. Nous avons en effet plus de trente (30) membres actifs ainsi que trois (3) membres à distance. Enfin, nous nous passons de présentation dans le département du Nord-Ouest”, fait savoir le metteur-en-scène.

Les réalisations de Sanba Zele et le regard que porte la population Nord-ouésienne sur la compagnie ?

Si beaucoup de compagnies artistiques se vantent d’avoir posé de multiples actions pendant leur existence, Sanba Zele, par contre, laisse le soin à ses réalisations de témoigner à sa place.”Nous avons beaucoup réalisé durant notre existence”, martèle Pouchon Legrec. “Tout d’abord, poursuit-il, on a organisé une série  d’activités socio-culturelles et littéraires à Port-de-Paix. “Sapoule” en était un. Ce projet nous a emmené dans plusieurs écoles de la ville afin de réaliser des spectacles juste pour faire plaisir aux élèves et développer chez eux l’amour de l’art et de la culture. Ensuite, on a réalisé des projections, des ateliers de lecture, d’écriture, d’artisanat avec d’autres groupes. Sur le plan théâtral, on a écrit de grandes scènes comme : Vanjans san je, Brenn, Lavi nan lanmò lavi, Pawòl Tanbou, Lòd nan dezòd... Enfin, nous avons pu réaliser plusieurs chorégraphies de danse, donner des prestations de chants, et produire des bijoux, des tableaux, de la pierre taillée pour ne citer que ceux-là”.

La population nord-ouésienne semble prendre à cœur le travail que fait la jeune compagnie et croire fermement en son avenir. Selon Fils-aimé Jean-Ribert Dominique, cette confiance que les gens placent en Sanba Zele s’avère être une source de motivation pour avancer et atteindre d’autres horizons.

“On reçoit chaque jour des messages extrêmement encourageants de la part de la population. Les gens font toujours le déplacement pour assister à nos spectacles. Souvent, c’est même très difficile pour nous de les recevoir tous. Donc, cela nous montre à quel point ils nous aiment et combien sommes-nous importants pour eux en dépit de notre incapacité, pour l’instant, de nous procurer une salle de théâtre dans le département”, rapporte-t-il.

Et si le rêve de Sanba Zele était de devenir une compagnie nationalement reconnue ?

Toutes les compagnies artistiques évoluant tant en provinces que dans les zones métropolitaines rêvent de se faire connaître dans tout le pays, malgré leur déficit économique et les nombreux défis auxquels elles doivent confronter. C’est bien le cas pour Sanba Zele qui ne cesse de faire parler d’elle tant par ses nombreux talents que par ses créations.

“Notre plus grand rêve reste et demeure le même :  être reconnus sur tout le territoire. Mais pour le moment, nous n’avons pas assez de moyens pour nous vendre sur le plan national”, reconnaît Fils-aimé Jean-Ribert Dominique.

Toutefois, il tient à remercier des amis aussi bien que des instances qui ont permis à des membres de la compagnie de suivre des formations et surtout à faire des parcours médiatiques à la capitale, en particulier Centre Pen-Haïti, “Konpayi Atistik Palto Vanyan”, Range Croix-des-Bouquets.

Malgré les problèmes financiers auxquels fait face Sanba Zele, Jean-Ribert Dominique annonce pourtant que la compagnie va prendre quelques dispositions pour arriver à s’imposer sur tout le territoire national tout en dévoilant ses objectifs pour les dix ans à venir. Parmi lesquels, on peut citer notamment :

1- Multiplication des efforts pour renforcer quotidiennement ses talents.

2- Mise en place d’un plan de marketing pour que la compagnie et ses œuvres soient beaucoup plus demandées à l’échelle nationale et internationale.

3- Soumission des projets à des institutions culturelles, éducatives, et religieuses à travers tous les dix départements, afin d’être connue et demandée à l’échelle nationale.

4- Internationaliser ”Konpayi Atistik Sanba Zele”

5- Avoir l’une des plus grandes écoles artistiques dans le pays :  ”Sanba Zele Lekòl Atistik’‘ (SZLA) afin de fournir des formations aux jeunes.

6- Implanter une bibliothèque dans le département du Nord-Ouest et/ou dans chaque arrondissement si possible, avec une grande salle de théâtre.

Par ailleurs, il en profite pour prodiguer des conseils aux jeunes poètes, comédiens, et artistes du département :

“Soyez dynamique, confiant et patient. Restez unis sans hypocrisie. Et surtout croyez fermement dans vos rêves. Caressez-les au jour le jour. N’abandonnez pas, même dans les pires moments de la vie. Car l’échec doit être un professeur et non pas un destructeur”, conseille-t-il.

L’ art et la culture constituent l’essence même de toute société civilisée. En effet, Sanba Zele se veut la pierre angulaire dans la construction de la nouvelle société que plus d’un ne cessent de prôner. Reste à savoir maintenant si les autorités dans les plus hautes instances de l’État, les organismes culturels et la société civile vont emboîter le pas pour permettre à cette jeune compagnie de trouver les fonds nécessaires pour mener à terme ses nombreux projets.

© Dierf Dumène
dierfdumene@gmail.com

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À propos Dierf Dumene

DIERF DUMÈNE est né à l'Arcahaie le 2 décembre 1995, ville ayant une grande portée historique pour avoir organisé le congrès de 1803 qui allait donner naissance à la création du bicolore haïtien. Poète, écrivain, nouvelliste, il est aussi secrétaire général d'une association ayant pour but d'accompagner les enfants démunis d'Haïti. Auteur de plusieurs recueils de nouvelles inédits et d'un recueil de poésie, en voie de publication. Il a créé depuis quelques mois un blog-revue, Magie Poétique, qui accueille des poèmes, souvent inédits, de nombreux poètes francophones disparus ou bien vivants.
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