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Vidéo virale : Un policier chilien, ex soldat de la MINUSTAH, s’exprime en créole en aide à une haïtienne, un appel à la revalorisation du créole haïtien?

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La vidéo est devenue virale sur les réseaux sociaux au Chili. Alexander Ortega, un deuxième caporal qui a passé un an en Haïti en tant que soldat de la MINUSTAH et policier chilien s’exprime en créole pour proposer son aide à une haïtienne qui ne parle pas la langue chilienne (espagnol).

L’homme a d’abord initié les échanges en questionnant la dame qui s’est adressée à lui sur sa nationalité et sa langue avant de lui proposer de s’exprimer en créole pour lui venir en aide.

Policier chilien : Ou se Ayisyen? Ou pale espanyòl?

Femme haïtienne : Wi. On ti kras.

Policier chilien :Oke. Mwen pral pale an kreyòl. Mwen konn pale kreyòl tou. Kisa ou bezwen? Kisa mwen ka fè pou ou?

Questionné par l’ haïtienne sur la façon dont il a appris à parler le créole, l’ex soldat s’identifie et avoue avoir appris à parler le créole durant son passage d’une année en Haïti en mission au service de la MINUSTAH. Il a appris la langue de ses petits voisins et dans des livres. Il s’est également exprimé sur la cuisine haïtienne qu’il dit être « gou anpil » et annonce à l’ haïtienne qu’il souhaite de nouveau visiter Haïti au cours des vacances de l’année prochaine.

L’homme affirme également ne pas vouloir oublier à parler créole c’est pourquoi il offre son aide aux haïtiens qu’il croise sur son chemin afin de pouvoir pratiquer et éviter que son vocabulaire tombe aux oubliettes. Pour M. Ortega, cela revêt également de leur devoir de policier d’aider les haïtiens qui se rendent au Chili ne parlant pas encore l’espagnol afin de leur permettre de mieux s’intégrer dans la communauté chilienne. C’est ce qui le motivera, lui aussi, à apprendre à ses collègues à parler le créole.

La femme s’exprimant aussi sur la nécessité pour elle de parler l’espagnol, le policier lui demande de ne pas s’inquiéter parce que les haïtiens sont intelligents et qu’elle apprendra rapidement.

Un scénario linguistique qui devrait montrer aux haïtiens la valeur de cet élément culturel qu’est la langue . Notamment ceux qui, aujourd’hui encore, ne considèrent pas le créole comme étant une langue. Si le chilien qui a sa propre langue souhaite ne pas oublier le créole qu’il a appris, à plus forte raison pour les haïtiens de maintenir le flambeau de leur outil linguistique.

Ce devrait être également l’occasion pour les responsables de l’Etat de se pencher sur la nécessité de faire un aménagement linguistique dans notre langue pour une standardisation du créole et l’application d’une politique linguistique sérieuse pour la sauvegarde d’un tel patrimoine.

Les entités telles que la Faculté de Linguistique Appliquée de l’Université d’État d’Haïti et l’ Akademi Kreyòl Ayisyen ont pour obligation de justifier leur raison d’être à l’issu de cette scène qui nous montre comment un étranger valorise bien plus que nombreux haïtiens la langue maternelle qui unit tous les haïtiens, comme le rappelle l’article 5 de la loi mère du pays (la constitution).

© Filisner DIEUJUSTE

 

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À propos Filisner DIEUJUSTE

Filisner DIEUJUSTE, jeune étudiant en linguistique à la Faculté Linguistique Appliquée (FLA) de l’Université d'Etat d'Haiti (UEH) et en journalisme à ISNAC. Passionné de littérature, futur linguiste, aspirant juriste, psychologue et politologue haïtien comptant s'investir dans la vie éducative, intellectuelle et politique de son pays. Aspirant écrivain.
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