Volé

Temps de lecture : 2 minutes

L’atmosphère devenait pesante. Il y avait une intensité tellement palpable. Pourtant, nous n’étions que deux à le ressentir. Toi et moi, chacun à une extrémité de cette salle bondée, pourtant si près l’un de l’autre que tu pouvais entendre mon cœur qui battait la chamade alors que moi je sentais ton corps se raidir sous l’effet du désir. Nos regards se croisaient puis s’évitaient à un rythme hallucinant.

Nous étions amis… C’est ce que nous nous disions et racontions aux autres en parfaits lâches que nous sommes. Et les autres sont tombés dans le piège comme des bleus. Cette belle amitié que d’autres nous enviaient fut le prétexte parfait qui nous permit de nous retrouver finalement au fond de cette salle plongée dans l’obscurité la plus totale.

On a commencé par parler affaires, travail et subrepticement, on se rapprochait jusqu’à ce ton parfum me collât aux narines et que je sentisse ton souffle près de mon cou. Il ne s’agissait que d’une étreinte. Un câlin entre amis n’attirait pas l’attention. Sauf qu’il mettait du feu sur ma chair et me fit tressaillir jusqu’au tréfonds de mon être.
Je reculais précipitamment mais tu me rattrapas gentiment et discrètement. Serrée contre toi, je passais du froid au chaud, du chaud au froid toutes les secondes. Tu me susurras que tu voulais un baiser. Je répondis d’une voix mal assurée que je ne le ferai pas, que ce ne serait pas bien, que tu ne me feras pas succomber.

Pourtant, je ne te repoussais pas. Je me laissais imprégner de ta chaleur et de ton odeur. Je me laissais happer par ton charme viril qui me faisait tant d’effet. Quand tu commenças à déposer des pluies de baisers sur mon visage, je savais que j’étais perdue mais ce serait trop simple si j’avouais ma défaite. Tu me voulais consentante mais je ne te ferais pas ce plaisir. Je voulais me convaincre encore que je ne désirais pas que tes lèvres arrivent sur les miennes.

Tu ne me laissais pas penser plus longtemps. Alors que j’essayais mollement de te glisser des bras, tu me ramenas vers toi, vers tes lèvres qui prirent les miennes. Envolées les réticences, adieu les bonnes résolutions, plus rien n’existait que toi et moi, tes lèvres goûtant avidement les miennes. Des applaudissements nous rappelèrent que nous assistions à un spectacle et que nos partenaires ne tarderaient pas à nous rejoindre. Des applaudissements qui nous rappelèrent que tout ça n’était qu’un instant volé.

VD

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À propos Vanessa Dalzon

Je suis Vanessa Dalzon, Rédactrice en chef à Balistrad, étudiante en Droit à l'Université Quisqueya. Passionnée de lecture, je trouve à travers l'écriture un moyen de partager ce que j'ai lu, vécu, entendu ou compris sur le monde et sur mon entourage.
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